La flambée du cours des céréales pousse les Etats à réagir

Paris et Washington envisagent de réunir les responsables des politiques agricoles des pays producteurs dans le cadre du G20 dès septembre
Krystèle Tachdjian
Un champ desseché dans le Kansas - Photo Mashid Mohadjerin - Rea
Un champ desseché dans le Kansas - Photo Mashid Mohadjerin - Rea  - 

La tension monte d’un cran sur le marché des céréales et du soja. Face à la flambée des prix des matières premières agricoles, provoquée par la sécheresse qui sévit depuis juin aux Etats-Unis et en Europe centrale, les pouvoirs publics sont sur le qui-vive. Hier, la France et les Etats-Unis se sont déclarés «vigilants» et prêts à réunir le Forum de réaction rapide du G20 dès le début septembre en cas de dégradation de la situation. Tous les voyants sont au rouge depuis que le ministère de l’Agriculture américain a annoncé une révision à la baisse de la production de céréales aux Etats-Unis. Dans un rapport publié vendredi, le gouvernement estime que la prochaine récolte pourrait tomber à son plus bas niveau depuis 6 ans, laissant craindre une crise alimentaire mondiale comme en 2007-2008. La production de maïs américain a fondu de 102 millions de tonnes à 274 millions de tonnes. Depuis juin, les cours se sont envolés de près de 40%.

«Pour le maïs, la pénurie est à craindre. On est déjà dans une situation de rationnement aux Etats-Unis alors que le pays pèse pour 40% de la production mondiale», prévient Cédric Weber, analyste de marché chez Offre et Demande agricole.

La France, les Etats-Unis et le Mexique, qui préside actuellement le G20, ont déjà prévu une réunion téléphonique fin août pour s’entretenir du dossier avec pour objectif d’éviter que des mesures d’embargo sur les exportations de céréales soient prises comme en août 2010 en Russie. Le débat sur la production de biocarburants aux Etats-Unis s’invitera-t-il dans les discussions? Vendredi, la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) a demandé aux autorités américaines de suspendre leur production de bioéthanol pour éviter une crise alimentaire. La communauté internationale fera-t-elle pression sur le gouvernement Obama pour lui demander de diminuer le taux d’incorporation d’éthanol dans l’essence aujourd’hui fixé à 10%, et qui maintient la production à un niveau très élevé? Rien n’est moins sûr.

Pour l’avenir, la situation est d’autant plus préoccupante que «d’autres menaces pèsent. Il y a notamment un risque de sécheresse dans l’ouest de l’Australie où les pluies ont été trop faibles en juillet, et on peut aussi redouter les conséquences du phénomène El Nino attendu pour septembre», conclut Cédric Weber.

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