La Fed s’inquiète du faible degré d’aversion pour le risque des investisseurs
La crainte de voir les investisseurs baisser leur garde taraude une partie du FOMC, le comité de politique monétaire de la Fed. «Les signes d’une prise de risque accrue ont été vus par certains participants comme une indication du fait que les acteurs du marché n’intègrent pas de manière suffisante les incertitudes relatives à la trajectoire de l'économie et de politique monétaire», indiquent les «minutes» de la dernière réunion de juin.
Les membres du FOMC ont souligné la faible volatilité observée sur différents marchés (actions, changes, obligations). Ils sont en outre convenus de scruter les marchés afin de détecter d'éventuels remous et de recourir, le cas échéant, à des mesures visant à «traiter une prise de risque excessive et les déséquilibres financiers qui s’y rattachent».
Lors de cette réunion de juin, le FOMC a décidé de poursuivre le «tapering», réduisant son volume d’achats d’actifs mensuels de 10 milliards de dollars, à 35 milliards. Le compte-rendu n’offre aucun élément sur le calendrier d’une hausse des taux, les responsables soutenant que leur politique dépend essentiellement «de l'évolution des perspectives économiques». Les membres du FOMC ont bien entendu continué à débattre de la stratégie de sortie du programme d’assouplissement quantitatif. «Il a été observé qu’il serait utile pour le comité d'élaborer et de communiquer ses projets au public plus tard dans l’année, bien avant que les premières étapes de normalisation deviennent appropriées», relate le document. Les banquiers centraux estiment les taux Fed funds à 1,13% fin 2015 et 2,5% un an plus tard. En mars, ils prévoyaient 1% et 2,25% respectivement.
Dans le détail, les membres du FOMC semblent «globalement d’accord» sur un arrêt des achats de Treasuries et de MBS en octobre, avec une dernière vague de «tapering» à hauteur de 15 milliards de dollars. Une autre option consisterait à maintenir des achats de 5 milliards de dollars par mois jusqu’en décembre mais «la majeure partie des participants a considéré cela comme un sujet technique, sans conséquences macroéconomiques importantes».
Concernant la politique de réinvestissement des titres arrivés à maturité, une solution intermédiaire est envisagée dans laquelle certaines échéances seulement seraient réinvesties afin d'«amortir la diminution du bilan».
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