La Fed se retrouve amputée de trois membres votants
Le comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed compte trois chaises vides. Même si les nominations de Stanley Fischer au poste de vice-président de l’autorité monétaire américaine, ainsi que celles de Lael Brainard et Jerome Powell en tant que nouveaux membres votants ont été confirmées par la commission bancaire du Sénat, le sénateur républicain Rand Paul a menacé dans une lettre de bloquer ces nominations aux sièges vacants du FOMC. «En raison d’un calendrier législatif serré aux alentours du Memorial Day (le 26 mai), le blocage peut retarder le vote final», estime Natixis.
Sur les sept gouverneurs que compte le bureau des gouverneurs, il existe donc un risque d’en voir une nouvelle fois seulement trois présents pour voter à la prochaine réunion du FOMC qui se tiendra les 17 et 18 juin, avec le départ en retraite anticipé du gouverneur Jeremy Stein prévu le 28 mai. Pour la première fois de l’histoire de la Fed, les réunions de mars et avril n’avaient déjà compté que quatre membres du Board of Governors. Les présidents des Fed régionales ayant cinq autres sièges qui leur sont réservés sur les douze que compte le FOMC, cette situation a engendré un déséquilibre quasi inédit en leur faveur dans les votes.
Une vacance qui devrait néanmoins rester temporaire. Selon les modifications des règles procédurales du Sénat votées et adoptées en novembre dernier sous l’impulsion des démocrates, seule une majorité simple est nécessaire pour la plupart des nominations, contrairement au seuil de 60 votes sur 100 exigés précédemment. Ce qui devrait garantir que le processus des nominations effectuées par la Maison Blanche ne soit pas bloqué. A l’issue de ce processus, «la rotation des membres aura une touche légèrement restrictive» en termes de politique monétaire sans pour autant modifier sa physionomie globale.
Les investisseurs attendent des précisions sur la «forward guidance» de la Fed à l’occasion de la publication mercredi soir des minutes de sa dernière réunion. «S’il est trop tôt pour s’attendre à des précisions sur la stratégie de sortie de sa politique de taux zéro, une révision de son approche pour intégrer le rôle de la facilité de reverse repo est possible», estime CA CIB. En outre, le rebond plus fort qu’attendu pour le deuxième mois consécutif de l’inflation sous-jacente aux Etats-Unis, à 1,8% en avril, pourrait faire évoluer le discours des colombes, selon Barclays.
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