La Fed reste mesurée face aux progrès de l’économie américaine
Les douze sages du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed gardent la tête froide. Bien que les signes d’amélioration de l’économie américaine se multiplient, le rebond inattendu de 0,7% des commandes à l’industrie en novembre en étant l’un des exemples les plus récents, ils ne les jugent pas encore suffisants pour justifier une modification du deuxième round d’assouplissement quantitatif (QE2). C’est le constat qui ressort du compte-rendu de la dernière réunion du FOMC, le 14 décembre dernier. Ces «minutes» précisent néanmoins que «plusieurs participants ont manifesté avoir une inclinaison plutôt prononcée pour apporter des changements au programme».
«La Fed devra assister à une croissance soutenue sur une période plus longue qu’un à deux mois pour altérer ses vues sur le QE2», a commenté Charles Comiskey, responsable du trading des Treasuries chez Bank of Nova Scotia. La faiblesse du marché immobilier et les remous sur le Vieux Continent continuent de représenter des facteurs de risque centraux. «Cela nous donne le sentiment que les 600 milliards de dollars (de titres du Trésor, ndlr) seront achetés d’ici juin», a-t-il ajouté. Le rapport du FOMC montre que l’institution reste obnubilée par son double mandat, avec un taux de chômage attendu à un niveau élevé pour quelque temps et un taux d’inflation plus bas que l’objectif.
Sur le premier point, les données du département du Travail publiées ce vendredi fourniront une nouvelle indication de la tendance. L’estimation médiane du panel Bloomberg prévoit un taux de chômage à 9,7% en décembre (-0,1 point sur un mois) et 140.000 emplois créés (39.000 en novembre). Sur le deuxième point, les «minutes» soulignent une attente majoritaire des participants à ce que «les mesures sous-jacentes d’inflation touchent le fond autour des niveaux actuels puis remontent graduellement au fur et à mesure que la reprise progresse».
Au cours de cette réunion du 14 décembre, les membres du FOMC ont également débattu de l’évolution haussière des rendements obligataires. Ils ont avancé plusieurs explications : la révision à la baisse par les investisseurs de l’enveloppe finale du QE2, l’amélioration de la conjoncture ou encore l’impact de l’accord sur les baisses d’impôt sur le déficit budgétaire. Certains ont cependant relevé que le soutien avait pu être amplifié par les positions de fin d’année des investisseurs.
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