La Fed renforce son pouvoir réglementaire sur les banques
Daniel Tarullo, responsable de la réglementation au sein de la Fed, souhaite incorporer des éléments macro-prudentiels dans les stress tests
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Patrick Aussannaire
La Fed souhaite durcir son contrôle sur les banques aux Etats-Unis. Daniel Tarullo, membre du conseil des gouverneurs de la banque centrale et responsable des questions de réglementation, a indiqué mercredi qu’il souhaitait que les stress tests annuels qui passent en revue les risques pesant sur le système financier se concentrent davantage sur des éléments macro-prudentiels tels que les expositions communes à plusieurs banques. «Nous ne considérons pas les stress tests de supervision et la revue et l’analyse des capitaux propres comme un produit fini», mais comme un outil qui doit s’adapter aux changements de l’économie réelle, aux innovations financières, ainsi qu’aux modifications d’allocations d’actifs au sein des sociétés, a ainsi expliqué le dirigeant.
Dans ce contexte, la Fed pourrait tester la vulnérabilité des institutions financières les plus fragiles, et notamment la manière dont un choc externe pourrait entraîner des cessions d’actifs suffisamment importantes pour avoir des conséquences négatives sur d’autres sociétés, ainsi que sur le montant général des crédits accordés au secteur privé. Daniel Tarullo a ainsi exhorté les banques américaines à augmenter leur capital affecté à certaines activités risquées et à mieux gérer leur exposition. «Certaines sociétés manquent d’informations disponibles fiables sur leur activité et leur exposition (…). Ces déficiences sont, dans certaines circonstances, liées à une faible visibilité des dirigeants, ainsi qu’au manque de processus de vérifications comptables», a-t-il expliqué.
En mars dernier, Citigroup, ainsi que les filiales américaines de HSBC, RBS et Santander avaient échoué aux tests pour des raisons qualitatives, et Zions Bancorporation faute de fonds propres suffisants. Elles ont ainsi reçu l’interdiction de verser des dividendes à leurs actionnaires et de procéder à des rachats d’actions. Ces établissements ont critiqué le manque de transparence des autorités sur la nature précise de leurs exigences. Daniel Tarullo s’est défendu de toute opacité dans la réalisation des tests en rappelant que si la Fed ne communiquait pas son modèle de calcul, elle le faisait néanmoins valider par une autorité extérieure indépendante. La Fed «se mettra en rapport direct avec les établissements durant l’année pour évaluer les progrès réalisés pour remédier aux faiblesses constatées», a-t-il ajouté.
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