La banque centrale américaine a opté pour le statu quo monétaire et réduit ses prévisions d'évolution des taux.
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Antoine Duroyon
La Réserve fédérale à Washington.
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Photo Fed.
Après des chiffres de l’emploi décevants pour le mois de mai et dans l’attente du référendum britannique du 23 juin, le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a, sans surprise, laissé sa politique monétaire inchangée. Cette fois, la décision a été unanime, alors que lors de la dernière réunion d’avril, Esther George avait voté en faveur d’un nouvel épisode de resserrement monétaire.
Si la menace du «Brexit» n’est pas mise en évidence dans le communiqué final, la présidente de la Fed, Janet Yellen, a expliqué lors d’une conférence de presse qu’il s’agissait là d’un des facteurs ayant conduit au statu quo. Les responsables de la politique monétaire ont par ailleurs souligné que les progrès sur le front de l’emploi avaient ralenti. «Si les données récentes sur le marché du travail ont été décevantes, il est important de ne pas sur-réagir aux chiffres d’un ou deux mois», a néanmoins expliqué Janet Yellen.
Aucun indice de la part de Janet Yellen
Les prévisions de croissance ont cependant été revues à la baisse. La banque centrale table désormais une croissance du PIB de 2,0% cette année, contre 2,2% en mars. Pour 2017, la prévision a été ramenée de 2,1% à 2,0% également. Les évolutions les plus importantes sont à observer du côté des «dots» qui tracent une trajectoire cible du taux des Fed funds. A long terme, les responsables de la Fed considèrent qu’un niveau de 3% serait approprié, alors qu’ils évoquaient précédemment un taux médian de 3,3%.
Janet Yellen n’a livré aucun indice sur l'éventualité d’un relèvement des taux dès la prochaine réunion du FOMC, en juillet. «Nous doutons vraiment du fait qu’un rapport décent sur l’emploi soit suffisant pour que la Fed pousse le bouton lors de la réunion du 27 juillet, étant donné la posture très prudente de la banque centrale», écrit dans une note James Knightley, économiste senior d’ING. «A ce stade, nous penchons légèrement en faveur d’une hausse lors de la réunion du 21 septembre même si le marché privilégie cette option à seulement 27%», ajoute-t-il.
De son côté, Brian Jacobsen, responsable de la stratégie d’investissement de Wells Fargo Fund Management, souligne la discrétion des faucons au sein du FOMC. «Le rythme des taux est ralenti, ce qui constitue un important virage accommodant». Six des dix-sept gouverneurs et présidents des antennes régionales de la Fed intègrent dans leurs prévisions une seule hausse de taux d’ici à fin décembre, soit cinq de plus qu’il y a trois mois.
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