La Fed offre un léger moment de répit aux marchés émergents
La Fed a donné un coup de pouce aux marchés émergents. La révision à la baisse des prévisions de taux Fed funds («dots») par les membres du FOMC mercredi dernier indiquant un cycle de resserrement monétaire moins abrupt que prévu en décembre a interrompu la hausse du dollar et entraîné une réaction positive des actifs émergents. Sur le marché des changes, le rand sud-africain et le real brésilien regagnaient 2,2% contre dollar en fin de semaine, le rouble et le peso mexicain 1,5%, le zloty polonais 1,2%, la livre turque 1,1% et le forint hongrois 0,9%. La roupie indienne restait en revanche stable, alors que le won sud-coréen cédait 0,5%.
«La détente des taux longs américains a permis aux obligations émergentes de se redresser, en particulier les dettes mexicaines, sud-africaines et surtout les dettes d’Europe de l’Est fortement soutenues aussi par le QE de la BCE», précise Nordine Naam, stratégiste change chez Natixis. Le rendement des obligations en dollar à 10 ans chutait de 16 pb au Brésil, de 20 pb en Turquie ou bien encore de 40 pb en Russie. La Bulgarie a même pu en profiter pour adjuger 3,1 milliards d’euros de titres à 7, 12 et 20 ans en concédant des spreads de 180 pb à 245 pb au-dessus du taux Mid-swap.
EPFR Global faisait déjà état de 3 milliards de dollars d’achats nets d’actifs émergents la semaine achevée le jour de la réunion de la Fed, après 4,3 milliards la semaine précédente. «La consolidation du dollar et le rebond des actifs émergents devraient se poursuivre jusqu’au prochain rapport sur l’emploi américain début avril», estime Nordine Naam. Ensuite, «la Fed devrait redevenir le principal risque des marchés internationaux, alors que le risque grec est également croissant, qui pourrait également être source d’aversion pour le risque», alerte SG CIB qui anticipe un mouvement de correction sur les marchés émergents.
Un risque déjà souligné la semaine dernière par la présidente du FMI. «L’appréciation du dollar met également sous pression les bilans des banques, des sociétés et des ménages qui ont emprunté en dollars mais détiennent des actifs ou revenus dans d’autres devises», a estimé Christine Lagarde. Et d’ajouter que «des injections de liquidité temporaires, mais agressives, pour certains secteurs ou marchés pourraient être nécessaires, avec des interventions ciblées sur le marché des changes».
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