La Fed met un terme à six années d’assouplissement quantitatif
Le FOMC constate des progrès sur le marché du travail. Le calendrier de resserrement monétaire dépendra des données économiques
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Antoine Duroyon
L’assouplissement quantitatif (quantitative easing) vit ses derniers instants aux Etats-Unis. Le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (FOMC) a confirmé hier, au terme d’une réunion de deux jours, la fin imminente de son troisième QE. La banque centrale en avait progressivement réduit l’ampleur depuis décembre dernier. Etalés sur une période de six ans, ces plans de rachats d’actifs obligataires successifs ont hissé le bilan de la Fed à un niveau record de 4.480 milliards de dollars. La Fed maintiendra un biais accommodant en continuant de réinvestir les tombées obligataires arrivant à échéance.
Dans son communiqué, le FOMC se veut rassurant sur l'état de l'économie américaine. Il souligne en particulier les progrès constatés sur le front de l’emploi avec des indicateurs qui «suggèrent que la sous-utilisation des capacités du marché du travail diminue graduellement». Une évolution de taille par rapport à la formule «sous-utilisation importante» précédemment employée. Par sa tonalité, le communiqué révèle donc une certaine prise de distance par rapport aux récents remous constatés sur les marchés même s’il reconnaît que «l’inflation à court terme sera vraisemblablement contrainte par des prix de l'énergie plus bas et d’autres facteurs (...)». «Le Comité estime que la probabilité de voir l’inflation rester obstinément en dessous de 2% a quelque peu diminué depuis le début de l’année», indique toutefois le communiqué.
Le communiqué a été adopté par 9 voix contre 1, la «colombe» Narayana Kocherlakota, de la Fed de Minneapolis, estimant qu’un déclin des anticipations d’inflation justifiait le maintien d’une politique d’assouplissement quantitatif. Mais le QE3 étant désormais consommé, avec des effets perçus sur l'économie qui font débat, l’attention se tourne désormais vers le calendrier possible de hausse des taux.
Dans son communiqué, le FOMC reprend sa terminologie habituelle de «période considérable» pour évoquer le maintien des taux des Fed funds à un bas niveau. Mais il y ajoute toutefois la mention selon laquelle cette évolution dépendra des données économiques. Le Comité écrit noir sur blanc que le relèvement des taux pourra de ce fait être plus rapide ou inversement plus lent qu’anticipé actuellement. Selon les projections livrées le mois dernier, la plupart des responsables de la Fed prévoient une première hausse des taux en 2015.
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