La Fed maintient son approche accommodante sur fond de pause de la croissance
La croissance de l'économie américaine a fait une pause au cours des derniers mois. En maintenant mercredi son arsenal voté en décembre - des achats de titres au rythme de 85 milliards de dollars par mois - le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed a évoqué des «perturbations liées à la météo (l’ouragan Sandy, ndlr) et d’autres facteurs transitoires». De fait, le département du Commerce avait fait état plus tôt dans la journée d’une contraction de 0,1% du PIB américain au quatrième trimestre, sous le coup d’une chute des dépenses militaires du gouvernement fédéral (-25,1%) et d’un recul des stocks (-1,2%).
Une décélération toute relative néanmoins puisqu’il s’agit d’une première estimation et que certains pans de l'économie ont donné satisfaction. Les dépenses de consommation, qui représentent environ 70% de l’activité, ont notamment progressé au taux annualisé de 2,2% au dernier trimestre, après une hausse de 1,6% le trimestre précédent. Pour sortir de ce «bruit statistique», la lecture des données sur le second semestre de 2012 fait ressortir un taux de croissance du PIB de 1,5%, «parfaitement en ligne avec le rythme observé au cours des dernières années», notent les économistes de Morgan Stanley.
Pouvant compter sur une inflation limitée, le FOMC indique s’attendre, «avec une politique d’assouplissement appropriée», à ce que «la croissance économique évolue à un rythme modéré et que le taux de chômage décline graduellement jusqu'à des niveaux que le Comité juge cohérents avec son double mandat». Lors de sa réunion de décembre, le FOMC avait créé la surprise en annonçant le maintien de taux bas jusqu'à ce que le chômage descende sous la barre des 6,5%.
Alors que Jeffrey Lacker, le président de la Fed de Richmond, s'était prononcé contre un tel plan il y a près de deux mois, c’est Esther George, sa consœur de Kansas City et nouveau membre votant, qui a exprimé son opposition. Suivant les traces de son prédécesseur, le «faucon» Thomas Hoenig. Elle s’est dite inquiète du fait que «le prolongement d’un haut niveau d’assouplissement monétaire accroisse les risques de déséquilibres économiques et financiers futurs et, au fil du temps, puisse augmenter les anticipations d’inflation à long terme». Faute de nouveautés, les investisseurs ont accueilli sans sourciller le communiqué du FOMC.
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