La Fed et la BCE modèrent le coût du guichet en dollar pour les banques
La nouvelle action coordonnée de six grandes banques centrales a fourni hier une bouffée d’oxygène aux marchés financiers, en particulier monétaires. L’accord prévoit la prolongation des opérations de refinancement en dollar pour les banques européennes jusqu'à février 2013, ce qui limitera le stress de la fin d’année 2012. Surtout, ces prêts à court terme se feront à présent dans ces conditions plus avantageuses.
Jusqu’ici, ce guichet, opérationnel depuis octobre dernier, n’a reçu qu’une demande réduite, en raison de son coût et de la crainte des banques de délivrer ainsi un message de faiblesse. La BCE empruntera à présent à la Fed au taux au jour le jour (OIS) en dollar assorti d’une marge de 50 points de base (pb), contre 100 pb précédemment. Par ailleurs, la marge initiale demandée aux banques par l’institut de Francfort passe de 20% à 12%.
Toutefois, ces nouvelles conditions ne se traduiront pas forcément par une demande plus importante lors de la prochaine opération du 7 décembre. Le coût de ce dispositif est toujours plus élevé que le taux Libor dollar (0,59% contre 0,52%). Par ailleurs, même si ces opérations sont menées de façon anonyme, les banques ne souhaitent pas envoyer de signaux négatifs au marché. «Si le marché est toujours très tendu au moment de la prochaine opération, les banques choisiront d’y aller», reconnaît cependant un stratégiste taux. Hier, deux banques ont demandé 352 millions de dollars lors de l’opération à 7 jours, contre une demande de 552 millions la semaine précédente.
Pour l’heure, cette nouvelle coordination entre les six grandes banques centrales permet aux marchés d’espérer. D’abord, elle efface les craintes d’un arrêt de la coopération, qui étaient relancées par les rumeurs de guerre des changes. «Elle pourrait aussi signaler une action coordonnée plus internationale pour soutenir les Etats de la zone euro en cas de stress, avec l’implication du FMI», avancent les stratégistes de Barclays Capital.
Au niveau strictement européen, le Trésor italien a lancé hier un nouveau dispositif de gestion des liquidités qui lui permet de prêter ou d’emprunter sur les marchés à un jour, à partir de son compte à la Banque d’italie. Hier matin, il a alloué 1,98 milliard d’euros pour une demande de 11,45 milliards d’euros. Puis l’après-midi, après avoir élargi ses critères, il a couvert toute la demande et alloué 3,4 milliards d’euros. Les vingt SVT y sont éligibles.
Plus d'articles du même thème
-
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta. -
Les banques allemandes veulent récupérer les garanties perdues à cause des sanctions russes
Deutsche Bank, HVB et Commerzbank ont intenté un procès à l’entreprise Linde. Elles lui avaient accordé des garanties pour un projet gazier qui a été annulé à cause des sanctions internationales contre la Russie. Le résultat du procès pourrait influer sur la manière dont les banques envisagent leurs garanties dans des pays politiquement exposés. -
Mastercard sécurise son futur sur la blockchain
L'entreprise souhaite proposer à ses clients à la fois des cartes pour payer en cryptomonnaie, des stablecoins pour les paiements transfrontaliers et des dépôts tokenisés pour les banques. -
Lhyfe fait entrer l’allemand Messer au capital de ses sites de production
Le groupe allemand signe également un contrat d’approvisionnement en hydrogène renouvelable sur dix ans auprès du producteur nantais d’hydrogène vert. Le cours de Lhyfe, après avoir touché un point bas, rebondit de plus de 30%. -
Souveraineté : la compétitivité européenne passera par l’investissement dans ses entreprises technologiques
Christophe Hautin, gérant actions senior chez Allianz Global Investors, explique dans cette tribune pourquoi, comme le constatait notamment le rapport Draghi publié en 2024, il y a une urgente nécessité de mobiliser davantage de capitaux vers les entreprises technologiques européennes afin de soutenir la compétitivité, l'innovation et l'autonomie stratégique du continent. -
Le second semestre 2026 se complexifie pour les allocataires
Le mid-year outlook 2026 d'iCapital identifie plusieurs tendances parmi lesquelles une vigilance croissante au sujet de la rentabilité de l'IA et une dispersion des performances des gérants surtout dans le non-coté.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
« La France davantage ciblée » : la Russie accusée de mener une vaste campagne cyber en Europe
Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a annoncé ce lundi la convocation de l’ambassadeur russe après avoir révélé l'existence d'une vaste campagne cyber d'espionnage et de sabotage menée par le FSK et les hackers de « Turla ». -
RIPMais que va faire Donald Trump sans son allié Lindsey Graham ?
La mort du sénateur républicain de Caroline du Sud prive le président américain de son meilleur négociateur au Sénat et de l'un des principaux architectes de sa politique étrangère -
Tetris agronomiqueCanicule et sécheresse : l'agriculture française face au mur de l'adaptation au changement climatique
L'agriculture française, en première ligne face aux sécheresses et aux coups de chaud, multiplie les chantiers d'adaptation et met en garde contre la tentation de la simplification.