La Fed engage un changement de décor historique pour les marchés
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Le marché a accueilli calme la confirmation par la Réserve fédérale de l’abandon progressif, à partir d’octobre, de l’assouplissement quantitatif et l’évocation d’une hausse des taux en décembre et de trois autres en 2018.
Ni le dollar ni les taux n’ont réagi durablement, preuve que le discours de sa présidente Janet Yellen était « dans le marché ».
Mais il n’est pas sûr que celui-ci ait tiré toutes les conséquences restrictives de cette décision historique, d’ailleurs pilotée avec un soin particulier.
Face à une inflation introuvable, son message sur les taux est pragmatique : la Fed s’adaptera aux circonstances.
Si elle envisage trois hausses aujourd’hui, l’institution n’hésitera pas à se déjuger en cas de chiffres décevants qu’elle semble d’ailleurs anticiper : elle a réduit de 0,2 point sa projection du niveau d’équilibre de long terme des Fed Funds, son principal taux de référence, à 2,8%.
Reste l’autre partie de son propos un peu perdu de vue : l’arrêt progressif d’achats d’obligations, couplée à l’augmentation prévisible du déficit budgétaire américain va conduire à un changement complet des perspectives des taux longs.
C’est par centaines de milliards de dollars que l’offre de Treasuries qui ne sera plus automatiquement souscrite va augmenter.
D’où une réappréciation des primes de risques touchant les marchés d’actions, avec une rotation prévisible des secteurs au profit des financières, mais aussi les matières premières ou les émergents.
Cela ne sera pas forcément mauvais pour le niveau des indices pour autant que le pilotage de la remontée des taux par la Fed soit parfait.
Les choix de Donald Trump, sur le point de renouveler la gouvernance de la Fed, seront cruciaux à cet égard.
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