La Fed doit composer avec la volatilité de la croissance américaine
Dans quel état est l’économie américaine? Le PIB des Etats-Unis s’est finalement repris de 4,6% au deuxième trimestre. Un rythme supérieur aux 4% et 4,2% annoncés aux deux premières estimations, mais qui fait suite à une contraction de 2,1% sur les trois premiers mois de l’année due principalement à des facteurs climatiques.
Contrairement à ce que semblait suggérer l’enquête trimestrielle des services, la révision à la hausse de la croissance n’est pas venue de celle de la consommation des ménages, maintenue à 2,5%, mais d’une accélération plus forte que prévu des investissements, notamment dans le secteur de l’immobilier.
Après ces chiffres, le cours de l’euro-dollar est passé vendredi sous le seuil de 1,27 pour la première fois depuis septembre 2012. Si le commerce extérieur a ôté 0,3 point à la croissance et que le président de la Fed de New York s’est récemment inquiété des effets sur l’activité de la force du dollar, les exportations se sont envolées de 11,1% sur le trimestre et les importations de 11,3%, traduisant le dynamisme retrouvé du commerce extérieur et de la demande intérieure. D’autant que l’enquête mensuelle Thomson Reuters-Université du Michigan a fait ressortir une amélioration de la confiance des consommateurs à 84,6 fin septembre, après 82,5 en août.
Le scénario central dressé par les membres du FOMC pointe vers une croissance au-dessus de son niveau potentiel entre 2015 et 2017, mais «la moyenne des prévisions cache des divergences profondes», comme le rappelle Aurel BGC. Les plus optimistes tablant sur une croissance proche de 3% sur les trois prochaines années, tandis que les plus pessimistes l’estiment plus proche de 2%. «Preuve du chaos ambiant, alors que la prévision centrale de croissance du FOMC pour 2015 avait été réduite de 3,1% à 2,8% la semaine dernière, la Fed semble aujourd’hui s’accorder sur 2,75% à 3%, soit une nouvelle légère hausse», précise SG CIB.
Dans ce contexte, «il existe encore de nombreuses interrogations sur cette reprise qui reste atypique, et il sera difficile pour la Fed de gérer le début de la normalisation de sa politique monétaire», estime Aurel BGC. D’autant que le point mort des obligations indexées 5 ans dans 5 ans a baissé à 2,30%. Un niveau jugé «trop faible pour la Fed», selon BNP Paribas. Les salaires horaires progressent,eux, à un rythme de 2,2 %, légèrement supérieur à l’inflation, de 1,7% en août.
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