La Fed devrait rester accommodante malgré l’embellie de l’emploi
L’emploi américain repart de l’avant. Le taux de chômage est tombé de 7,9% en janvier à 7,7% en février, ce qui représente son plus bas niveau depuis décembre 2008. L’économie américaine a créé 236.000 emplois le mois dernier donnant ainsi un signe supplémentaire d’une reprise solide. Cette performance est à mettre au profit de l’emploi privé qui a vu le rythme des créations s’accélérer avec 246.000 nouveaux postes. L’embellie du marché immobilier et les travaux de reconstruction sur la côte Est après les dégâts de la tempête Sandy ont bénéficié au secteur du bâtiment avec 48.000 créations d’emplois. L’emploi public poursuit en revanche sa cure d’amaigrissement avec 10.000 destructions d’emplois. Ces bons taux d’activité devraient soutenir le pouvoir d’achat et la confiance des ménages. Malgré tout, les économistes ne s’attendent pas à une inflexion rapide de la politique monétaire de la Fed qui devrait rester accommodante au cours des prochains mois.
Alexandra Estiot, économiste chez BNP Paribas, estime en effet que la Fed devrait poursuivre son programme d’assouplissement quantitatif QE3 tout au long de l’année, même si les données encourageantes sur le front de l’emploi pourraient inciter certains membres de la Fed à vouloir débrancher la prise des rachats d’actifs un peu plus tôt. Slavana Nazarova, économiste chez Crédit Agricole CIB, considère de son côté que «le montant d’achats mensuels pourrait commencer à diminuer au second semestre 2013 à condition que la reprise accélère.» Selon elle, la fin du programme pourrait être envisagée début 2014 si la croissance devait se renforcer l’année prochaine.
Les rachats d’actifs de la Fed sont notamment liés au maintien d’un taux de chômage au dessus de 6,5%, objectif que s’est fixé l’institut d’émission l’an dernier mais qui semble encore hors de portée. La croissance américaine est attendue autour de 2% cette année. Le pays est néanmoins confronté au gel de 85 milliards de fonds publics ordonné par le président Barack Obama après l’échec des négociations entre démocrates et républicains. Ces coupes automatiques dans les dépenses pourraient coûter jusqu’à 0,6 point de croissance à la première puissance économique mondiale, et peser sur les prochaines statistiques sur le marché de l’emploi.
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