La Fed devrait prolonger ses rachats d’actifs
Alors que les négociations entourant le «fiscal cliff» (falaise budgétaire) pèsent sur la feuille de route américaine, la Réserve fédérale devrait préciser le 12 décembre les contours de son nouveau programme de rachat d’actifs destiné à relancer l’économie. Les économistes s’attendent à ce que la Fed annonce à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire, la poursuite de son programme mensuel de rachat pour un montant de quelque 85 milliards de dollars (66 milliards d’euros).
Le nouveau programme mensuel de rachats d’actifs que s’apprête à détailler la Fed portera d’une part sur 40 milliards de dollars de titres adossés à des créances immobilières MBS («mortgage backed-securities») prévus dans le cadre du troisième programme d’assouplissement quantitatif «QE3» annoncé par la Réserve fédérale en septembre, et estimé à quelque 600 milliards de dollars au total.
Le marché s’attend d’autre part à ce que la Fed procède à 45 milliards de dollars de rachats mensuels d’obligations d’Etat, ce soutien ayant vocation à remplacer l’opération Twist qui expire à la fin de cette année. Annoncée au mois de septembre 2011, l’opération Twist consiste à acheter chaque mois pour 45 milliards de dollars d’obligations d’Etat long terme grâce au produit de la vente d’actifs à plus court terme avec pour objectif d’allonger la maturité du portefeuille de la banque centrale. «La Fed donnera un nouveau coup de pouce aux actifs risqués (...) les investisseurs peuvent compter sur elle pour faire tourner la planche à billets et acheter des Treasuries», soulignent les analystes de la Société Générale. Dès la mi-novembre, la Fed avait indiqué qu’elle envisageait d’augmenter ses opérations de rachats de titres sur les marchés à partir de janvier.
Quelques jours après la Banque centrale européenne, l’institution monétaire américaine devrait elle aussi réaffirmer qu’elle laisse son taux d’intervention à un niveau proche de zéro jusqu’à mi-2015 au moins.
La Fed maintient son taux directeur à un niveau plancher depuis près de 4 ans et mène en parallèle une série de programmes destinés à favoriser la consommation, l’investissement, la reprise du marché immobilier et à endiguer le chômage. La bonne surprise sur le front macro-économique est venue des chiffres de l’emploi publiés vendredi. Au mois de novembre, le taux d’inactivité est tombé à son plus bas niveau depuis décembre 2008 pour représenter 7,7% contre 7,9% auparavant. L’ouragan Sandy qui a frappé la côte est du pays n’a finalement pas eu d’impact significatif contrairement à ce qui était redouté depuis plusieurs semaines.
Le département du Travail a recensé 146.000 créations d’emplois non-agricoles le mois dernier, tout en révisant en baisse les chiffres des deux mois précédents. Certains économistes soulignent toutefois que le recul du taux de chômage est dû en partie au fait qu’une catégorie de demandeurs d’emplois a renoncé à chercher du travail.
La Fed devrait d’ailleurs réviser ses projections de croissance et de chômage pour 2013. En revanche, si la banque centrale réfléchit à modifier sa communication - en donnant au marché des seuils précis de chômage et d’inflation pour motiver sa politique monétaire - les économistes de Credit Suisse ne s’attendent pas à ce que ces changements soient annoncés dès cette semaine.
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