La Fed défend ses positions sur la régulation des banques étrangères aux Etats-Unis
La Réserve fédérale défend sa volonté de réguler les banques étrangères présentes sur son sol. Intervenant la semaine dernière devant les étudiants d’Harvard, Daniel Tarullo, membre du conseil des gouverneurs en charge de ce dossier, a fait valoir que les régulateurs américains ne faisaient que rattraper leur retard en la matière et qu’ils agissaient de manière proportionnée.
«L’essentiel de ce que sont en train de faire les Etats-Unis est de s’aligner sur ce que l’Union européenne a fait plutôt sagement depuis des années», a-t-il assuré. Fin février, la Fed a publié définitivement les règles de capital et de liquidité qui s’appliqueront aux banques étrangères à partir de 2016. Une holding devra être établie au-dessus des filiales des banques étrangères qui ont plus de 50 milliards de dollars d’actifs (hors actifs des succursales). Alors que certains s’inquiètent d’une «balkanisation» de la régulation bancaire au niveau international, Daniel Tarullo a expliqué que depuis plus d’une décennie, l’Union a obligé les filiales de banques étrangères à se soumettre aux exigences de Bâle.
La mise en œuvre de Bâle 3 ne changera rien à cette approche. Au-delà des règles en vigueur dans l’Union, le Royaume-Uni a imposé des exigences de liquidité supplémentaires pour les filiales de banques étrangères. Dans certains cas, les succursales de ces banques peuvent même être soumises à des standards plus stricts. Aux yeux de Daniel Tarullo ces contraintes sont pleinement justifiées au regard de l’importance de la place financière de Londres.
D’après le banquier central, il était tout aussi impératif pour la Fed d’agir car «les banques étrangères largement implantées aux Etats-Unis ont un champ et une taille d’activités qui pourraient poser problème au système financier américain si elles connaissaient des tensions». Or, «ce que les Etats-Unis peuvent faire de mieux pour assurer la stabilité du système financier mondial, c’est d’assurer la stabilité de leur propre système financier».
Selon Daniel Tarullo, les règles américaines sont «dans une certaine mesure plus favorables» que d’autres pour les banques étrangères puisqu’elles imposent les exigences maximales pour les institutions ayant plus de 50 milliards de dollars d’actifs. A ceux qui critiquent l’imposition d’un ratio de levier pour les holdings de banques étrangères, le banquier répond que la réforme a été reportée à 2018 pour respecter le calendrier de Bâle 3.
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