La famille achève de reprendre la main chez Edmond de Rothschild

La greffe de Christophe de Backer n’a pas pris en interne. Son sort était en balance depuis l’été dernier.
Laure BERGALA

C’est un «nouvel élan» que Benjamin de Rothschild, président du groupe, veut donner à Edmond de Rothschild, en nommant sa femme, Ariane de Rothschild, présidente du comité exécutif. Christophe de Backer doit quitter la maison le 31 janvier après un mandat de trois ans comme «CEO». Il avait reçu pour mission de moderniser la structure du groupe et ce travail effectué, les actionnaires familiaux ont voulu reprendre la main.

Ce changement de gouvernance fait suite à de nombreux mouvements depuis l’arrivée de Christophe de Backer en 2012. Cet ancien de HSBC s’est fait beaucoup d’ennemis en interne et les changements qu’il a imposés à la banque, perçus comme brutaux, ont suscité des départs nombreux et importants, rappellent de nombreuses sources de marché. Des membres du comité de direction sont partis, comme Marc Venti, ex-responsable des gérants externes, qui avaient apporté plus de 2 milliards de clientèle tiers gérants, ou Alexandre Col, ex-responsable de la multigestion, rappelait Le Temps il y a quelques mois. D’autres sont allés chez Pictet, comme Frédéric Bingelli en avril dernier. Michel Cicurel, ancien patron de la Compagne financière EDR, a lancé en septembre dernier le club d’investisseurs multimillionnaires La Maison, dirigée par Marc Levy, directeur général de la banque Leonardo en France et ancien directeur général à ses côtés.

Ariane de Rothschild n’est pas une nouvelle venue dans le groupe sans y avoir jamais occupé de fonctions opérationnelles. Depuis 2009, elle était vice-présidente du conseil d’administration, fonction qui va être supprimée, et siégeait aux conseils d’administration de plusieurs sociétés du groupe. «Un comité stratégique, issu du conseil d’administration, a été constitué pour l’assister dans sa tâche», précise le groupe. Il s’agit de trois administrateurs de la holding suisse, conformément aux recommandations de la Finma, le régulateur helvète.

Selon un bon connaisseur du dossier, le sort de Christophe de Backer était en suspens depuis juillet dernier, du fait de la dégradation brutale de ses relations avec les actionnaires. Selon la même source, il ne faut sans doute pas exclure qu’Ariane de Rothschild fasse appel à un opérationnel de haut niveau pour l’épauler à la tête de l’entreprise dans les mois à venir. Une recherche serait même en cours, selon des sources de marché.

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