La faillite de MF Global met en évidence l’importance des chambres de compensation
LCH.Clearnet et Eurex Clearing ont liquidé les positions du courtier en matières premières et dû gérer celles de ses clients
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Solenn Poullennec
Au cœur des débats à Bruxelles, les chambres de compensation ont démontré toute leur importance lors de la faillite de MF Global. Le courtier en matières premières est placé sous la protection du Chapter 11 aux Etats-Unis et sa filiale britannique sous le «programme d’administration spéciale» de la Financial Services Authority depuis le 31 octobre.
En Europe, la chambre de compensation LCH.Clearnet s’est immédiatement mise au travail. «Nous avons liquidé les ‘positions maison’ et transféré les positions des clients dans la mesure où nous avions les informations nécessaires pour pouvoir le faire car les membres n’identifient pas les positions brutes de tous leurs clients individuels», explique Pierre-Dominique Renard, directeur marché et infrastructure chez LCH.Clearnet SA.
La chambre de compensation affiliée à Deutsche Börse, Eurex Clearing, a quant à elle rencontré des difficultés dans la gestion de la faillite. Selon le Financial Times, certaines contreparties de MF Global se sont plaintes car leurs positions auraient été liquidées du jour au lendemain en même temps que celles du courtier. Il faut dire que ce n’est que cet été qu’Eurex Clearing a mis en place un système optionnel de protection des clients, tirant les leçons de la faillite de Lehman Brothers.
Ce service introduit une ségrégation entre les comptes du membre de la chambre de compensation et celui de ses clients. «En isolant le collatéral du client final, la chambre offre une sécurité supplémentaire; si le compensateur fait défaut, les collatéraux déposés par le client final pourront être identifiés et transférés», explique Jean de Castries, directeur général d’Equinox Strategy.
En tout cas, la liquidation des propres positions de MF Global s’est faite grâce au collatéral apporté par le courtier. «A aucun moment, il n’a été nécessaire de faire appel au fonds de secours abondé par tous les membres de la chambre», s’est félicité Eurex Clearing dans un communiqué.
«La faillite n’a apparemment pas coûté un sou aux membres d’Eurex Clearing mais s’il s’était agi de produits dérivés échangés de gré à gré, elle aurait été beaucoup plus compliquée à gérer», commente Yvette Roozenbeek, directrice chez Eurogroup Consulting. D’où l’intérêt des futures régulations (EMIR et MIF) qui s’efforcent de pousser ces produits vers des chambres de compensation.
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