La faiblesse de la croissance américaine pourrait pousser la Fed à agir en septembre
Le ralentissement de la croissance américaine au cours de la première partie de l’année est confirmé. Le PIB des Etats-Unis est ressorti à 1,5% au second trimestre, contre 2% au premier, selon les chiffres publiés vendredi. Le consensus des analystes sondés par Bloomberg tablait plutôt sur une croissance légèrement inférieure à 1,4%.
«Le ralentissement vient avant tout des dépenses de consommation, alors que l’investissement en équipements et logiciels et les exportations ont rebondi», note Alexandra Estiot, chez BNP Paribas. De fait, les dépenses des ménages qui représentent près de 70% de la croissance américaine ont progressé à 1,5%, leur rythme le plus faible depuis un an. «Ces chiffres reflètent la morosité de l’économie américaine», assure Rob Carnell chez ING.
L’administration a aussi révisé l’évolution du PIB sur les années précédentes. Les changements apportés sont contrastés. Sur la période 2008-2011, la croissance annuelle moyenne a été de 0,3% et non pas de 0,4%. La chute de la croissance a été moins importante qu’annoncé en 2009 à -3,1% contre -3,5%. En revanche, la progression de l’activité a été nettement moins rapide que prévu en 2010 à 2,4% contre 3%. Le PIB pour 2011 a été très légèrement revu à la hausse à 1,8% contre 1,7%.
Le PIB pour le dernier trimestre de 2011 a été spectaculairement réévalué de 3% à 4,1%. Enfin, le PIB au premier trimestre s’établit finalement à 2% contre 1,9%. Ces dernières révisions rassurent Harm Bandholz, chez UniCredit. «Notre conviction est que la croissance va s’accélérer dans la seconde partie de l’année, avec un PIB à 2,5% au second semestre», écrit-il.
Néanmoins les analystes s’attendent à ce que la Fed souligne la modestie de la croissance à l’occasion de sa réunion cette semaine. Elle ne devrait pas faire d’autres annonces, d’autant qu’aucune conférence de presse n’est prévue. La banque a gagné un peu de temps en annonçant l’extension de l’opération Twist en juin. «Le comité de politique monétaire (FOMC) attendra d’avoir plus de données économiques notamment sur l’emploi avant de changer sa politique», écrit-on chez Crédit Agricole CIB.
En revanche, la réunion du FOMC en septembre devrait être décisive. Selon l’économiste de BNP Paribas aux Etats-Unis, Julia Coronado, la Fed pourrait alors reporter la remontée des taux de 2014 à 2015 et annoncer 600 à 900 milliards de dollars de rachats de titres d’Etat et de mortage-backed securities.
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