La faible croissance en Europe stimulera les fusions et acquisitions en 2011
Le Royaume-Uni devrait rester comme l’an dernier le principal pays cible dans la région, juge Hervé Mangin, gérant actions d’Axa Framlington
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Yves-Marc Le Reour
La reprise des opérations de fusions et acquisitions constatée en 2010 a de bonnes chances de se poursuivre au cours des prochains semestres. C’est l’opinion d’Hervé Mangin, gérant actions au sein d’Axa Framlington, qui présentait hier sa stratégie pour le fonds Axa Europe Opportunités (50 lignes en portefeuille représentant 76 millions d’euros) dont il a la charge. Depuis l’an dernier, la pondération de ce thème d’investissement au sein du fonds a été augmentée «à environ 50% de l’exposition totale», souligne-t-il. Il note que l’activité de fusions et acquisitions a représenté globalement l’an dernier «environ 3% de la capitalisation boursière mondiale contre 7% en 2007 et 12% en l’an 2000».
Le déclenchement d’une nouvelle vague de consolidations en Europe devrait être facilité par des valorisations attrayantes, des coûts de financement historiquement bas et la structure de bilan globalement saine des entreprises. L’intérêt pour ce type d’opérations devrait être d’autant plus important que «la croissance externe est une option attrayante pour des groupes confrontés à une demande européenne contrainte», relève le gérant. Dans le secteur des mines et métaux par exemple, où la construction de nouvelles capacités prend de 5 à 7 ans, «le rachat d’un concurrent peut être jugé bien moins risqué». Le rythme de croissance des transactions dépendra néanmoins du retour de la confiance des investisseurs concernant la capacité des Etats à maîtriser leur déficit budgétaire et leur dette publique.
Le Royaume-Uni a représenté l’an dernier le principal pays cible avec 31% du montant des opérations annoncées en Europe selon Bloomberg, loin devant l’Allemagne (13%), l’Italie (12%) et la France (9%). Hervé Mangin estime que cela devrait rester le cas en 2011 «pour des raisons financières et culturelles» car ce pays «est le point d’entrée privilégié pour les prédateurs non européens qui veulent pénétrer le Vieux Continent».
Il constate enfin une réapparition des acteurs du private equity sur ce marché, mais estime que «leur poids restera limité car l’effet de levier disponible est bien moins important que sur la période 2004-2007». Les niveaux de valorisation que ces derniers seront prêts à offrir «ne constitueront donc pas une barrière infranchissable pour les groupes industriels en quête de croissance externe».
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