La faible croissance de la zone euro pourrait inciter la BCE à agir
La faiblesse de la croissance dans la zone euro pourrait fournir à la Banque centrale européenne (BCE) une nouvelle raison d’assouplir sa politique monétaire dès le mois de juin. Au premier trimestre de l’année, le PIB n’a progressé que de 0,2% sur trois mois, selon les estimations publiées par Eurostat hier. Le marché avait parié sur une hausse de 0,4%.
L’évolution de l’activité est loin d’avoir été homogène. Le dynamisme du PIB allemand a été plus important que prévu, à 0,8%. Le PIB de l’Espagne ressort en hausse de 0,4% (il avait été déjà annoncé). En revanche, le PIB a stagné en France, il a légèrement reculé (-0,1%) en Italie, plongé au Portugal (-0,7%) et s’est replié de 1,4% au Pays-Bas. Il est difficile d’analyser les raisons de cette faiblesse en l’absence de données détaillées mais «le temps inhabituellement chaud semble avoir joué un rôle», avance Marco Valli, économiste chez UniCredit. Le dynamisme des importations par rapport à celui des exportations semble aussi avoir tiré les chiffres à la baisse. «Alors que la plupart des enquêtes soulignent une accélération de la croissance au début du deuxième trimestre, nous voyons le PIB gagner en vigueur au printemps», relativise l’économiste.
Les données publiées aujourd’hui «sont tout sauf encourageantes», écrit de son côté l’économiste de BNP Paribas, Clemente de Lucia. « Elles confirment que l’Allemagne tire toujours son épingle du jeu et qu’à quelques exceptions près, comme celle de l’Espagne, le reste de la zone continue de souffrir.»
«La pression exercée sur la BCE pour qu’elle agisse augmente après qu’elle s’est verbalement engagée à prendre des mesures en juin», écrit la recherche de Deutsche Bank. Celle-ci s’attend à ce que la banque centrale reconduise dès le mois prochain sa politique d’allocation illimitée de liquidité à taux fixe et annonce d’autres assouplissements comme une baisse de taux ou la fin de la stérilisation du programme d’achat de dette souveraine SMP.
Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB parie aussi sur la présentation d’un «paquet de mesures». A ses yeux, la BCE devrait estimer que les anticipations d’inflation sont toujours bien ancrées. Selon le sondage réalisé auprès des prévisionnistes professionnels publié hier, l’inflation est attendue à 0,9% en 2014, 1,3% en 2015 et 1,5% en 2016. Des attentes très proches de celles de la BCE.
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