La dynamique haussière de l’euro demande à être confirmée
Succès des émissions de dettes en zone euro, statistiques solides outre-Rhin et évocation de l’inflation par la BCE. Les nouvelles n’ont pas manqué pour soutenir l’euro qui s’est apprécié depuis le 7 janvier de 6,3% face au dollar. La parité est même restée hermétique à la crise égyptienne, s’appréciant hier de 0,8% à 1,3714. «L’euro a connu un violent rebond au cours des deux dernières semaines face à une BCE très alarmiste sur les risques inflationnistes, notamment par crainte d’effets de second tour sur les salaires. Cela a entraîné un débouclage total des positions spéculatives vendeuses d’euros», note Natixis.
De fait, les hedge funds ont reconstitué il y a quinze jours leurs positions longues de monnaie unique. Celles-ci ont atteint, selon Nomura, les 11,2 milliards de dollars. D’après la CFTC, à l’issue des semaines closes le 18 et 25 janvier, les achats nets de contrats s'élevaient à 4.109 et 22.901 contrats, contre des ventes nettes de 45.182 contrats la semaine d’avant. Et la publication hier d’une inflation en zone euro plus forte qu’attendu en janvier à +2,4%, sous l’effet des prix des matières premières, pourrait bien accélérer ce processus si la BCE évoque encore jeudi le sujet. Alors que le dollar est aussi pénalisé par la poursuite du second tour de l’assouplissement quantitatif outre-Atlantique, l’euro passera un test clé jeudi avec la réunion de la banque centrale. Dans cette attente, les anticipations d’inflation à 10 ans stagnaient à 2,01% et celles de hausse des taux à horizon un an à 78 pb.
Deutsche Bank explique le rally de l’euro/dollar non seulement par l’atténuation des craintes sur la dette souveraine européenne mais également par le creusement significatif des différentiels des taux nominaux en faveur de la monnaie unique. Négatif de 31 pb début juin 2010, le spread entre les taux à 2 ans allemands et américains est, depuis, repassé en territoire positif. Il s’établissait à un plus haut de +85 pb hier.
Voyant plutôt l’euro/dollar s’inscrire à la hausse à court terme, SG CIB juge cependant le potentiel d’appréciation de la parité limité. De son côté, Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ s’attend à ce que le soufflé retombe pour l’euro au deuxième semestre 2011, à cause de l’impact désinflationniste des programmes de consolidation budgétaire entamés par certains pays européens.
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