La dynamique de l’emploi américain reste sans effet sur les salaires
Le marché de l’emploi américain a terminé l’année 2014 en apothéose. L’économie américaine a créé 252.000 emplois non agricoles au mois de décembre, après un chiffre révisé en hausse à 353.000 en novembre, soit un rythme mensuel sur les douze derniers mois au plus haut depuis juin 2000. Sur l’ensemble de l’année 2014, près de 3 millions d’emplois ont ainsi été créés au total, après 2,3 millions en 2013, le niveau le plus élevé depuis 1999.
Le cabinet Challenger, Gray & Christmas estime que le nombre de licenciements aux Etats-Unis est revenu au plus bas de 1997, alors que les inscriptions hebdomadaires au chômage restent inférieures au seuil symbolique des 300.000, avec une moyenne sur les quatre dernières semaines de 290.000.
Le taux de chômage a chuté de 0,2 point pour revenir à moins de 5,6%, soit 0,2 point de moins que celui qui était anticipé par les membres du FOMC pour la fin d’année 2014. Si cette baisse est partiellement due à celle du taux de participation à 62,7%, «compte tenu des dernières prévisions du FOMC d’un taux de chômage de 5,8% à fin 2014 et d’une croissance à 2,3% au quatrième trimestre, l’économie commence 2015 sur un meilleur pied que prévu avec une croissance plus proche des 2,6% et un taux de chômage inférieur de 0,2 point», rappelle BNP Paribas. Citigroup estime que si la croissance atteint 2,5% à 3% en 2015, le taux de chômage pourrait chuter d’un point sur l’année pour tomber à 4,6%, alors que la Fed le voit entre 5,2% et 5,3% fin 2015.
«Un taux de 5,6% se rapproche dangereusement du niveau de plein emploi que le FOMC ne souhaite pas rencontrer avec des taux à zéro, mais les investisseurs ne semblent pas partager cet avis», estime Citigroup. Les salaires ont reculé de 0,2% en décembre avec une révision à la baisse de la croissance de novembre à 0,2%, ramenant ainsi leur rythme de croissance sur un an à un plus bas depuis 2012 de 1,7%, après 1,9% le mois précèdent et 2,1% au mois d’août.
Si les dernières minutes de la Fed ont révélé que le FOMC estime que ces chiffres offrent «relativement peu d’information sur le degré de sous-utilisation du travail», le ralentissement de la croissance des salaires «devrait se répercuter sur les perspectives d’inflation», selon CA CIB. Or, l’inflation globale pourrait tomber en territoire négatif au premier semestre sous l’effet de la baisse des prix du pétrole, avant de remonter au-dessus des 2% en fin d’année, selon BNP Paribas.
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Affaire Mandelson/Epstein: à la suite de nouvelles révélations, Starmer appelé à démissionner
Londres - Plusieurs partis d’opposition ont appelé jeudi le Premier ministre britannique Keir Starmer à démissionner, après de nouvelles informations sur la nomination de l’ex-ambassadeur aux Etats-Unis Peter Mandelson malgré ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein. Le journal The Guardian a révélé jeudi que le ministère des Affaires étrangères avait accordé une habilitation de sécurité à Peter Mandelson pour ce poste en janvier 2025 malgré un avis défavorable du service chargé de contrôler ses antécédents. Des responsables du Foreign Office ont décidé d’aller «contre la recommandation» de ce service, a confirmé jeudi un porte-parole de Keir Starmer, qui a affirmé que ni le Premier ministre, ni aucun membre de son gouvernement «n'étaient au courant» de ces éléments «avant le début de la semaine». Le Foreign Office a dit jeudi par la voix d’un porte-parole «travailler en urgence» à apporter des réponses sur l’octroi de cette habilitation. Début février, Keir Starmer avait déclaré à la presse qu’un «contrôle mené de manière indépendante par les services de sécurité» avait permis à Peter Mandelson d’obtenir «l’habilitation nécessaire pour occuper ce poste». Le cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a estimé jeudi sur X que «Starmer a trahi la sécurité nationale» et doit donc «démissionner». Le leader des libéraux-démocrates, Ed Davey, a lui affirmé que «si Keir Starmer a induit le Parlement en erreur et menti au peuple britannique, il doit partir». Le Premier ministre, qui a limogé Peter Mandelson en septembre 2025, a accusé l’ex-ambassadeur d’avoir «menti de manière répétée» à Downing Street sur l'étendue de ses liens avec le criminel sexuel. Cette affaire a fragilisé le chef du gouvernement britannique, cible de critiques depuis plusieurs mois en raison de sa décision de nommer à l’un des postes les plus prestigieux de la diplomatie britannique cet ami du financier américain décédé en prison en 2019. Le porte-parole de Keir Starmer a réaffirmé jeudi la détermination du gouvernement à publier les documents relatifs à la nomination de Peter Mandelson, dont une première partie a été rendue publique en mars. Ils ont permis d’apprendre que M. Starmer avait été averti du «risque réputationnel» posé par les liens de Peter Mandelson avec Jeffrey Epstein avant de le nommer. La police britannique a ouvert une enquête et perquisitionné deux résidences de l’ex-ambassadeur en février, après la publication de nouveaux documents tirés des dossiers Epstein, publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice. Ces derniers suggèrent que Peter Mandelson aurait transmis au financier des informations susceptibles d’influer sur les marchés, notamment lorsqu’il était ministre dans le gouvernement de Gordon Brown, de 2008 à 2010. © Agence France-Presse -
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