La division du parti de Merkel fait peser un risque sur le plan européen
La moitié des membres du camp de la chancelière se dit opposée au plan de sauvetage en Europe. Un risque pour la ratification de l’accord du 21 juillet
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Olivier Pinaud
Contrairement aux appels de la Commission européenne, l’Allemagne ne veut toujours pas entendre parler d’une éventuelle réévaluation des moyens d’intervention du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le porte-parole du gouvernement fédéral l’a une nouvelle fois répété hier. Une sortie nécessaire alors que l’opposition monte dans le propre camp de la chancelière allemande Angela Merkel. Selon un sondage de l’institut Forsa pour le magazine Stern, 52% des militants de la coalition CDU / CSU interrogés se disent opposés au plan de sauvetage des partenaires de Berlin dans la zone euro. Seuls 42% d’entre eux approuvent le plan d’aide à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal. Ce sondage a été réalisé les 4 et 5 août, avant l’accalmie provoquée par le rachat d’obligations italiennes et espagnoles par la Banque centrale européenne.
Les fortes dissensions dans le camp d’Angela Merkel font peser un risque sur la ratification de l’accord européen obtenu le 21 juillet dernier. Surtout, elles montrent qu’en cas de nouvel incident, l’intervention de l’Allemagne serait encore plus compliquée à obtenir, voire impossible. Les contrats de protection de défaut allemands à cinq ans ont déjà atteint des niveaux relativement élevés, signe que les investisseurs redoutent que l’Allemagne soit contrainte d’accroître les garanties apportées au FESF.
La capacité actuelle du fonds de 440 milliards d’euros est suffisante pour assurer les plans de sauvetage de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal (142 milliards d’euros d’aides). Mais elle pourrait se révéler insuffisante en cas de difficultés de l’Espagne et surtout de l’Italie. Les économistes estiment qu’un plan d’aide éventuel de l’Italie coûterait au total 490 milliards d’euros.
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