La dispersion de performances indiquait clairement une surchauffe des marchés
La grande concentration des paris réalisés par les investisseurs sur les actions depuis dix mois rendait nécessaire une consolidation des bourses
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Pierre Sabatier, PrimeView
A partir d’aujourd’hui, nous vous présenterons chaque mois (le deuxième mercredi) l’évolution d’un de nos indicateurs de risque de marché propriétaires, nous permettant de déterminer si les indices européens sont en surchauffe ou non. Nous avons souhaité commencer cette série en vous présentant notre indicateur de dispersion de performances boursières des valeurs composant le DJ Stoxx 600, tout à fait révélateur de l’état des marchés, en particulier avant la dernière phase de consolidation connue depuis dix jours. L’origine de la construction de cet indicateur relève d’une intuition initiale assez commune, à savoir que les surchauffes sur les marchés actions se caractérisent la plupart du temps par des paris très concentrés de la part des investisseurs, à la fois sur les mêmes secteurs et encore plus sur les mêmes valeurs en délaissant le reste de la cote. Une forte augmentation de cet indicateur nous incite en conséquence à prendre nos bénéfices afin de nous protéger contre un probable retournement des marchés actions européens.
Comme on le constate sur le graphe, les pics atteints lors des quinze dernières années ont toujours correspondu à une correction des marchés. L’épisode ouvert en mars dernier est marquant: il a poussé notre indicateur de dispersion de performances au sein de la cote européenne vers de nouveaux sommets, la hausse des bourses (+64,9% entre le 9 mars et le 19 janvier dernier pour le DJ Stoxx 600) ayant engendré une multiplication par plus de 12 de notre indice depuis le début de l’année (80% de cette hausse s’étant faite au cours des quatre derniers mois).
En conséquence, au regard du caractère inédit de l’ampleur du rebond enregistré en seulement dix mois et de la violence de la hausse de notre indice de dispersion de performances (au profil exponentiel), nous estimions les marchés actions européens clairement en surchauffe en début d’année. La correction rapide et brutale de ces derniers jours a permis de dégonfler en partie la bulle qui s’était constituée sur certains secteurs. Après un rebond technique probable dans les jours à venir dont il faudra savoir profiter, les marchés ne devraient cependant plus être portés par les secteurs qui ont dominé la cote durant la hausse entre mars 2009 et janvier de cette année, mais plutôt par les secteurs en retard comme les défensives et les valeurs de croissance.
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