La discorde franco-allemande jette un voile sur les espoirs des marchés

L’idée de permettre au FESF d’accorder des « garanties sur les premières pertes » en cas de défaut semblait cette nuit la plus avancée
Patrick Aussannaire

L’engagement franco-allemand de présenter dimanche une solution «globale et durable» à la crise de la zone euro a du plomb dans l’aile. Sous la pression des agences de notation, le président français a pourtant fait le déplacement jusqu’à Francfort pour rencontrer la chancelière allemande, accompagné des ministres des finances, des responsables européens, de la BCE et du FMI.

Les discussions achoppent sur le rôle que doit prendre la BCE pour augmenter la capacité du FESF. L’augmentation de sa taille à 2.000 milliards d’euros évoquée dans le Guardian avait nourri tous les espoirs des marchés. Mais le porte-parole de Wolfgang Schäuble a clairement indiqué la position allemande sur le sujet. «Il n’y a pas de discussions sur un relèvement au-delà de 440 milliards d’euros, c’est tout».

La taille du Fonds reste insuffisante pour se substituer à l’intervention de la BCE. Les besoins de financement de l’Espagne et de l’Italie sont estimés à plus de 200 et 350 milliards d’euros en 2012. De plus, selon le Financial Times, l’Autorité bancaire européenne estime que 70 à 90 milliards d’euros seraient suffisants atteindre 9% de fonds propres. Or, le FMI a chiffré à 200 milliards d’euros les pertes bancaires dues à la décote des emprunts d’Etat.

La France souhaite doter le Fonds d’une licence bancaire lui permettant d’emprunter auprès de la BCE, ou de lui faire émettre des garanties plutôt que des prêts, ce qui démultiplierait ses capacités d’intervention. Pour la France «ça reste la solution la plus efficace», selon François Baroin. Elle bute néanmoins sur les réticences de l’Allemagne et de la BCE et nécessiterait une modification des traités qui interdisent à la BCE de financer les dettes des pays membres. «Le chemin risque difficile s’il s’agit de donner au FESF un quasi-statut de prêteur en dernier ressort sans (trop) impliquer la BCE ni (trop) peser sur la solvabilité des pays les mieux notés» avertit BNP Paribas.

Le Wall Street Journal avance que la solution la plus avancée serait de voir le FESF fournir du collatéral pour garantir des obligations émises par des pays en difficulté plutôt que de l’utiliser pour offrir des garanties directes. Le collatéral servirait à garantir une partie des pertes dans le cas de défaut - «garanties sur les premières pertes» -, ce qui permettrait d’augmenter la confiance des investisseurs et de limiter le risque d’une hausse des taux d’emprunt espagnols et italiens.

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