La deuxième TLTRO sera déterminante pour la politique de la BCE
Les économistes seront très attentifs à la demande des banques lors de la deuxième opération de refinancement à long terme (TLTRO) menée ce jeudi par la Banque centrale européenne (BCE) pour encourager le financement de l’économie. Si elle se révèle faible, la BCE risque d’être obligée de prendre de nouvelles mesures.
Les estimations consultées par L’Agefi vont de 120 à 220 milliards d’euros. «Un montant élevé [d’emprunts à la TLTRO] indiquera que l’environnement de crédit commence à montrer des signes de vitalité dans la zone euro», estime la recherche de JPMorgan AM. Des emprunts équivalents au consensus (150 à 175 milliards d’euros) devraient «laisser attendre une inclusion de la dette souveraine dans le programme d’achat d’actifs de la BCE dès le premier trimestre de 2015», selon UniCredit.
En septembre, la première des huit TLTRO prévues jusqu’au mois de juin 2016, avait suscité une demande, en dessous des attentes, de 82,6 milliards d’euros de la part de 255 établissements. Contrairement à ce qui était anticipé par certains, les conditions d’accès au financement de la BCE pour la deuxième TLTRO resteront inchangées. Les banques pourront emprunter à 0,15%, jusqu’à 7% de leur encours de prêts à l’économie réelle (première TLTRO comprise et hors prêts à l’habitat). Elles emprunteront ensuite lors des opérations suivantes à mesure des prêts accordés.
La BCE a annoncé qu’elle pourrait augmenter son bilan jusqu’à 1.000 milliards d’euros pour soutenir l’économie. Pour savoir si la BCE sera obligée d’annoncer de nouvelles mesures en plus des achats d’obligations sécurisées et de titrisations, les marchés seront attentifs au montant net de liquidités qui sera injecté dans l’économie.
Plus optimiste, la recherche de Crédit Agricole CIB table sur une demande de 220 milliards d’euros. Elle fait le pari que les banques saisiront l’opportunité de se refinancer à bas coût à l’approche de l’arrivée à maturité, au premier trimestre prochain, des opérations de refinancement à trois ans (LTRO). Elle argue que la première TLTRO est intervenue alors que l’examen de la qualité des bilans des banques par la BCE n’était pas encore achevé. «La demande devrait venir principalement des banques du centre de la zone euro qui ont peu d’emprunts de la BCE et des grandes banques des pays périphériques (...) qui ont rapidement remboursé une part importante de leur emprunt lors des LTRO à 3 ans», écrit Barclays.
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