«La dette industrielle peut paraître plus chère que la dette bancaire»
- L’Agefi: Quelle est votre position sur la dette financière ?
- Hervé Boiral: Depuis le défaut de Lehman et les turbulences qui ont suivi, la dette financière reste vue comme risquée, en tout cas beaucoup plus hasardeuse que la dette des entreprises industrielles. Cette impression a été renforcée en Europe par la forte corrélation observée entre les spreads des Etats souverains et ceux de leurs banques nationales. Et il reste indéniable que certains secteurs bancaires du Sud de l’Europe restent fragiles. Ceci dit, la dette bancaire constitue encore dans l’univers high grade notre investissement préféré. D’une part, les fondamentaux de cette classe d’actifs sont amenés à s’améliorer, tant au niveau de l’actif avec une augmentation programmée des fonds propres, qu’au niveau du passif avec un «deleveraging» (réduction de la taille du bilan) en cours, le tout sous l’amicale pression du régulateur. En contrepartie de l’amélioration attendue des fondamentaux, les primes bancaires restent bien plus intéressantes que les primes industrielles. Au final, nous continuons de favoriser les financières, en préférant les nationales d’importance.
- Plus globalement, quelle est votre stratégie à l’heure où les rendements plongent ?
- En comparaison avec la dette financière, la dette industrielle pourrait paraître chère. Ainsi, il devient monnaie courante de voir des coupons inférieurs à 1% sur des primaires pourtant notés BBB. Mais l’adage voulant que l’on ne contrarie pas les banques centrales, il nous paraît prématuré de vouloir se mettre en retrait des corporates. Au total, nous restons raisonnablement surpondérés sur le crédit, avec un biais positif sur les banques d’importance.
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