La dette indexée française profite de l’appétit des investisseurs
Les obligations indexées sur l’inflation française ont la cote. L’Agence France Trésor a adjugé hier 2,09 milliards d’euros de sa nouvelle ligne OATi juillet 2021, au-milieu de la fourchette de 1,5 à 2,5 milliards qu’elle visait. La demande a atteint 3,6 milliards et les titres ont été vendus à un rendement réel de -0,04%. L’ensemble de la courbe des taux réels 2-10 ans est d’ailleurs en territoire négatif, avec par exemple un rendement de -0,97% à 5 ans.
Plusieurs facteurs ont soutenu les emprunts d’Etat indexés ces dernières semaines. La baisse du stress en zone euro, la sortie de l’Italie d’indices obligataires inflation, les tensions sur pétrole qui maintiennent le rythme de hausse des prix à des niveaux supérieurs aux attentes, et surtout, l’anticipation du relèvement de 25% du plafond du Livret A et du doublement de celui du LDD, le 1er octobre.
La section des fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, ainsi que les banques, pour la partie qu’elles gardent au bilan, couvrent en effet ces flux en achetant des titres indexés sur l’inflation française. Le coût de cette ressource dépend de l’inflation française, qui sert de base à la formule de calcul du taux de rémunération du Livret A. Résultat, le différentiel des asset swaps entre les OATi et celles indexées sur l’inflation européenne (OATei) est «au plus haut depuis fin 2010», relève Natixis, signe que les premières sont plus chères que les secondes.
Mais la couverture anticipée du regain de collecte attendu sur les livrets réglementés touche à sa fin. «Le phénomène va s’estomper, estiment les stratégistes taux de RBS. Le marché est allé trop loin, et les prochains relèvements de plafond n’interviendront pas avant plusieurs années alors que de possibles changements dans la rémunération des réseaux collecteurs risquent de ralentir les flux».
La demande s’est aussi heurtée cette année à une offre faible. Avant l’opération d’hier matin, la France avait émis «moitié moins d’OATi que de titres indexés sur l’inflation européenne», relève RBS. A ce jour, sur 2012, l’AFT a adjugé 15,6 milliards de linkers, soit 8,8% de ses émissions brutes (176,7 milliards d’euros). Selon RBS, la France a réalisé 87% de son programme estimé pour 2012 en tenant compte des adjudications destinées à financer les rachats anticipés de titres 2013.
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