La dette high yield bénéficie d’une fenêtre de tir
Les transactions se multiplient sur le marché de la dette high yield avant la trêve estivale. Les récentes émissions à haut rendement (entre 6% et 7% de coupon) lancées par Lafarge, Fiat, l’opérateur télécom suisse Sunrise Communications ou encore l’allemand Klockner Pentaplast (coupon de 11,625%) montrent un regain de dynamisme du marché quasi atone depuis avril en raison des inquiétudes liées à la zone euro.
«Il y a actuellement une fenêtre de tir. Les investisseurs ont été en partie rassurés par le dernier sommet européen. Les investisseurs high yield qui s’étaient montrés très prudents fin 2011 ont beaucoup de cash à investir. Ils en profitent avant que les choses ne tournent au ralenti dans la perspective notamment des Jeux olympiques de Londres», explique Tanneguy de Carne, responsable des marchés de capitaux high yield à la Société Générale.
«Depuis janvier, 30 milliards d’euros dont 25 milliards au premier trimestre ont été émis sur le marché du high yield en Europe, souligne Arnaud Tresca, responsable du high yield chez BNP Paribas. Cette année, on devrait se rapprocher des meilleures années en terme de volume d’émission pour cette classe d’actifs. Pour mémoire, 45 et 50 milliards au total avaient été levés en 2011 et 2010 par les émetteurs européens ».
Depuis plusieurs années, ce marché est en croissance. Avec le durcissement des exigences prudentielles pour les banques, les entreprises doivent diversifier leurs sources de financement. Par ailleurs compte tenu du contexte économique, des groupes autrefois «investment grade» (notations supérieures à BB+) se financent désormais avec succès sur le marché du haut rendement. C’est le cas de Lafarge qui a placé en juillet une émission obligataire de 500 millions d’euros avec un coupon de 5,875%. Du côté des investisseurs, il y a un appétit pour ce type de placements dans un contexte de taux bas et de manque de visibilité sur les marchés actions.
Sur la période 2009-2011, les groupes high yield européens émettaient à près de 80% en euro ou autres devises européennes mais avec la crise des souverains, leurs émissions se font à présent quasi pour moitié en billet vert. Mais le marché en Europe reste sans commune mesure avec le marché américain. Les volumes sont près de 5 fois supérieurs outre Atlantique où le financement de l’économie se fait pour l’essentiel via le marché.
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