La dette grecque serait insoutenable même avec une décote de 50 %

Si toutes les obligations grecques ne sont pas dépréciées, la dette serait réduite au mieux à 110 % du PIB, et même à 120 % selon la Troïka
Solenn Poullennec

Même si les créanciers privés se résignent à des pertes importantes sur leurs obligations hellènes lors du sommet de mercredi, la dette grecque sera encore loin d’être soutenable. Et l’Union et le FMI devront maintenir le pays sous perfusion.

Il faut dire que la part de la dette grecque détenue par les créanciers privés a diminué suite aux interventions de l’UE, du FMI et de la BCE. Selon Deutsche Bank, sur un total de 350 milliards d’euros environ, elle ne représenterait plus que 200 milliards d’euros. Et sur cette somme, près de 55 milliards d’euros de titres ont une maturité supérieure à 2020 et ne sont donc pas inclus dans le plan de participation des créanciers privés (PSI) du 21 juillet.

La troïka est très pessimiste dans son dernier rapport. Depuis cet été, l’horizon de la Grèce s’est assombri. Compte-tenu de la contraction de la croissance et des difficultés du programme de privatisations, la dette atteindrait, dans le scénario le moins pessimiste, 186% du PIB en 2013. Elle ne serait réduite qu’à 152% du PIB d’ici à la fin de 2020.

Dans ces conditions, même avec une décote de 50%, la dette ne pourra être réduite qu’à 120% du PIB d’ici à la fin 2020, selon la Troïka. Dans ce cas, l’Union et le FMI devront encore apporter 114 milliards d’euros au pays. Une décote de 60% permettrait de réduire la dette à 110% du PIB d’ici à 2020, mais pour les bailleurs de fonds internationaux l’addition resterait salée à 109 milliards d’euros. Hier, une source grecque citée à Bruxelles indiquait que le pays cherchait une solution pour tous les emprunts (jusqu'à 2035) et pas seulement jusqu'à 2020.

L’IIF, le lobby des banques, discute toujours de la décote. «Il y a des limites à ce qui peut être considéré comme volontaire», a déclaré hier son directeur Charles Dallara.

D’après les économistes d’UBS «pour parvenir à une vraie réduction de dette de 50%, il faudrait appliquer une décote de 100%» sur les obligations concernées par le PSI de juillet. Car il paraît difficile de toucher à la dette détenue par le FMI et la BCE qui risquerait de faire des pertes. Et, en cas de décote, le gouvernement grec sera obligé d’injecter une partie de l’argent «économisé» dans les banques qui ne respecteront plus leurs contraintes réglementaires. Selon la banque suisse, pour aider vraiment la Grèce, il faudrait non seulement rallonger la maturité de toutes les obligations mais aussi réduire le coupon.

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