La dette française attire toujours les investisseurs, la dette espagnole un peu moins
La dégradation de la note de l’Espagne par Moody’s a pesé sur la demande lors de la dernière adjudication du Trésor
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Violaine Le Gall
Les émissions d’hier de l’Espagne et de la France étaient très attendues après que Moody’s a fait des annonces sur leurs notes de crédit susceptibles d’avoir un effet négatif sur l’appétit des investisseurs. L’agence de notation a indiqué qu’elle prenait trois mois pour réévaluer la perspective sur la note AAA de la France. Surtout, elle a dégradé de deux crans la note de l’Espagne à A1 compte tenu de la révision en baisse des prévisions de croissance de Moody’s et de ses conséquences sur les objectifs en matière de déficit budgétaire.
Finalement, les investisseurs ont été nombreux à se positionner sur les émissions françaises. Sur les émissions à taux fixe, entre deux et cinq ans, le taux de couverture est ressorti à 2,49 contre 1,9 pour les émissions du 15 septembre dernier. Au total, la France a vendu pour 7,49 milliards d’euros de titres, soit un montant en haut de la fourchette annoncée un peu plus tôt par l’Agence France Trésor. Ce niveau de demande s’explique par la hausse des rendements offerts. Depuis début octobre, les taux à 10 ans se sont tendus de 56 points de base (pb) à 3,16% sur fond d’inquiétude sur les finances publiques françaises et sur la résolution de la crise de la zone euro. Par conséquent, les rendements sur les titres offerts à maturité septembre 2013 et juillet 2016 ont été fixés à 1,31% et 2,31% contre 1,08% et 1,80% le 15 septembre dernier. «Les rendements français sont encore très bas», observent les stratégistes taux d’ING.
L’exercice a été plus délicat pour l’Espagne, après sa dégradation par Moody’s. Le Trésor a placé 3,9 milliards d’euros de titres, en-dessous de l’objectif haut de 4,5 milliards d’euros. Le ratio de couverture sur les titres à dix ans est tombé à 1,76 contre 1,9 lors de la précédente adjudication. Les investisseurs n’ont donc pas souhaité profiter de la hausse des rendements. A 4,49% et 5,43% respectivement, les taux à 5 et 10 ans sont ressortis au-dessus de ceux fixés en septembre. «Les résultats montrent l’impact de la décision de Moody’s et les inquiétudes du marché sur la capacité du gouvernement à réduire son déficit budgétaire», analyse la recherche taux d’ING.
Hier, les taux à 10 ans français se resserraient de 3 pb à 3,16% alors que les espagnols se tendaient de 13 pb à 5,5%. Quant aux rendements italiens, ils ont franchi les 6 %, un niveau qui doit inciter les Etats européens à passer à l’action dimanche.
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