La dette des Pays-Bas décroche du groupe des AAA
L’austérité budgétaire ne pèse plus seulement sur la vie politique des pays périphériques. Hier, le Premier ministre néerlandais a présenté à la Reine la démission de son gouvernement faute d’accord sur la réduction du déficit budgétaire. Alors qu’il avait insisté sur le respect des objectifs fixés par Bruxelles, en particulier dans les pays aidés, le gouvernement a éclaté après qu’un parti de coalition a refusé les efforts supplémentaires, nécessaires pour que le déficit budgétaire tombe au niveau requis par Bruxelles de 3% du PIB en 2013. Pour 2012, il devrait ressortir à 4,6%. L’activité du pays devrait reculer de 0,9% d’après la Commission européenne.
Alors que la chute du gouvernement semblait peu probable aux économistes encore récemment, les Pays-Bas s’engagent à présent dans une phase d’instabilité politique. La reformation de la coalition est «improbable», d’après Raymond Van Der Putten, économiste chez BNP Paribas. Des élections anticipées devraient donc avoir lieu en septembre au plus tôt. Dans l’intervalle, le gouvernement en place assurera l’intérim. «La conséquence directe est que les Pays-Bas manqueront l’objectif de réduction du déficit budgétaire à 3% du PIB d’ici 2013», prévient-il. Après l'élection, la formation d’un nouveau gouvernement stable risque en outre d'être délicate, les sondages donnant vainqueurs le parti socialiste et le parti de la liberté, d’extrême-droite.
Dans ce contexte, les obligations d’Etat se décrochent du groupe des dettes AAA. Le spread avec le Bund est monté hier à 76 points de base (pb), contre 35 pb en janvier dernier. Le rendement néerlandais ressort à 2,41% et l'écart avec les taux français se resserre, à 67 pb contre 81 pb la semaine dernière. Les adjudications qui ont lieu aujourd’hui à 2 et 30 ans permettront de mesurer l’appétit des investisseurs.
Le AAA pourrait être remis en question non seulement par les marchés mais aussi par les agences de notation. La perspective est négative chez Standard &Poor’s. Et Fitch a averti qu’il pourrait lui aussi placer la note du royaume sous perspective négative. «Si nous perdons le AAA, cela pourrait conduire à une hausse de 100 pb du taux d’intérêt des emprunts d’Etat et à un surcoût de 4 milliards d’euros par an pour les intérêts», a prévenu Klaas Knot, le patron de la banque centrale.
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