La dette de l’EFSF est soumise à la pression des marchés
La perspective d’un afflux d'émissions a provoqué une remontée des rendements ces dernières semaines
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Alexandre Garabedian
Présenté comme la pierre angulaire du soutien aux Etats en difficulté de la zone euro, l’EFSF n’est lui-même pas à l’abri de la pression des marchés. La Facilité européenne de stabilité financière voit ses rendements s’écarter nettement depuis quelques semaines. Ses obligations juillet 2016 se traitaient par exemple hier à 2,74%, certes en deçà des 2,99% atteints le 26 mai, mais bien au-dessus de leur niveau de 2% à mi-septembre.
Les rendements de l’EFSF sont corrélés à ceux des Etats qui le garantissent, en premier lieu l’Allemagne et la France. L’écartement des dernières semaines est donc logique, dans la foulée des OAT et des Bunds. Mais le papier s’est aussi déprécié par rapport à d’autres signatures européennes. Le spread de l’obligation 2016 avec l’emprunt de l’Union européenne de même maturité et de même coupon atteignait hier un record de 58 points de base (voir graphique).
La perspective d’un afflux d’émissions explique ce décrochage, qui renchérira, de fait, le soutien aux Etats nécessiteux. «On demande trop à l’EFSF, et la dépréciation de ses titres, particulièrement sur la semaine écoulée, valide nos craintes», indiquent les stratégistes taux de SG CIB. Le sommet européen de ce soir prévoit deux réformes pour l’EFSF: utiliser ses titres comme garantie partielle pour les émissions des Etats, et le faire investir dans un véhicule ad hoc qui associerait des capitaux extérieurs à la zone euro.
Pour l’heure, l’EFSF a levé 13 milliards d’euros pour financer 9,5 milliards de prêts à l’Irlande et au Portugal. Selon les calculs des stratégistes de BNP Paribas, le soutien à ces deux pays requerra à lui seul 44,2 milliards d’euros d’émissions en 2012. Il faudra ajouter la levée des fonds nécessaires aux nouvelles missions de l’institution.
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