La dette allemande bénéficie d’une cure d’amaigrissement express
La rectification d’une erreur comptable inscrite au bilan de la «bad bank» d’Hypo Real Estate allège la dette publique de 55,5 milliards d’euros
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Antoine Duroyon
C’est une nouvelle heureuse pour les finances publiques allemandes mais qui plonge le gouvernement dans l’embarras. Le ministère allemand des Finances a confirmé samedi les informations du magazine en ligne Stern.de, selon lesquelles la correction d’une erreur de double écriture débitrice dans le bilan de FMS Wertmanagement (FMS-WM), la «bad bank» d’Hypo Real Estate (HRE), entraîne l’allègement de la dette publique allemande à hauteur de 55,5 milliards d’euros (24,5 milliards d’euros pour 2010 et 31 milliards d’euros pour 2011). Une rectification qui réduit la prévision du taux d’endettement de l’Allemagne de 2,6 points de pourcentage, à 81,1% du produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2011.
Selon un porte-parole de FMS-WM, cité par le Financial Times (FT), l’anomalie a été mise au jour au début du mois d’octobre. Elle provient d’une mauvaise comptabilisation du collatéral cash apporté en regard d’un portefeuille d’instruments dérivés. L’opposition allemande n’a pas tardé à fustiger le gouvernement pour cette erreur. «La bad bank de HRE (qui a reçu pour 173 milliards d’euros d’actifs fin 2010, ndlr) est une structure publique placée sous la responsabilité de Wolfgang Schäuble (ministre des Finances, ndlr)», a souligné Thomas Oppermann, chef de file parlementaire des sociaux-démocrates (SPD). «Ce n’est pas une somme que la méngère souabe (réputée pour sa gestion économe, ndlr) cache dans une boîte à biscuits et oublie», s’est-il amusé.
Un porte-parole du ministère, cité par les médias allemands, a rétorqué, non sans malice, que «nonobstant les causes de cette correction, qui doivent encore être éclaircies, le gouvernement salue, par principe, toute réduction du niveau de dette au sens de Maastricht». Cette nouvelle ne masque pas pour autant le fait que FMS-WM pourrait réserver d’autres surprises, moins agréables, au gouvernement et au fonds de sauvetage public SoFFin. La structure de défaisance détient en effet des titres de dette souveraine grecque pour un montant nominal de 7,2 milliards d’euros. Selon des estimations d’Eurostat en avril dernier, les «bad banks» ont d’ores et déjà lourdement pesé sur les finances publiques du pays. En comptant le soutien apporté à WestLB, les aides au secteur financier ont ainsi creusé le déficit de l’Allemagne de 0,4% en 2010 et gonflé sa dette de près de 9,5% du PIB (lire L’Agefi du 6 octobre).
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