La désintermédiation animera le marché primaire du crédit en 2012
Après un premier semestre de bonne facture, le marché primaire du crédit en euro a suivi une route cahoteuse au second semestre sur fond d’aggravation de la crise de la dette de la zone euro. Au total, 90 milliards d’euros d’obligations non financières de la catégorie investment grade ont été émises cette année, à comparer aux 110 milliards d’euros de 2010 et aux 120 milliards attendus début 2011, d’après les chiffres de la recherche crédit de SG CIB.
Dans un contexte encore très incertain, les prévisions pour 2012 divisent les spécialistes. Barclays Capital et Deutsche Bank s’attendent à une légère progression des émissions. Les entreprises devraient commencer à prendre de l’avance pour faire face aux tombées prévues en 2013 et 2014. Le volume des obligations arrivant à maturité en 2013 sera en hausse de 30 % par rapport à 2012, à 140 milliards d’euros, précisent les stratégistes de la banque britannique. Natixis prévoit en revanche une baisse des émissions de 120 milliards en 2011 à 100 milliards en 2012, en raison des liquidités abondantes dont disposent déjà les corporates et de la faible activité attendue dans les fusions-acquisitions.
De nouveaux émetteurs devraient tirer l’activité. «Les entreprises veulent poursuivre la désintermédiation, observe Alain Gallois, responsable mondial des marchés primaires de la dette chez Natixis. Elles s’adressent de plus en plus aux banques pour les lignes non tirées et font appel aux marchés obligataires pour tout ce qui est tiré.»
Les émetteurs les mieux notés auront le plus d’intérêt à venir solliciter les investisseurs. «D’une façon générale, pour les obligations notées au-dessus de BBB+, le coût all-in est plus bas qu’il y a deux ans. Pour celles notées moins de BBB+, il est supérieur. La hausse des spreads du second semestre a compensé la baisse des taux aux alentours de BBB+», explique Karim Mezani, responsable de la syndication obligataire corporates et institutions financières chez Natixis.
Le segment du haut rendement devrait, lui, se rétrécir l’an prochain, après 30 milliards d’euros d'émissions en 2011. L’instabilité du marché a rendu les investisseurs plus frileux au second semestre et les entreprises ont été refroidies par les rendements qu’elles auraient dû offrir. Toutefois, la désintermédiation, les tombées et les calls sur de nombreuses lignes soutiendront le marché.
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