La dérive de la dette publique américaine est jugée inéluctable
Stabiliser l’endettement à 70 % du PIB sur 2015-2020 exigerait un fort ajustement budgétaire, relève le FMI dans une note
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Alexandre Garabedian
Washington est trop optimiste sur l’état de ses finances publiques. Dans une note de travail publiée cette semaine, le Fonds monétaire international (FMI) se montre très sceptique sur les prévisions à horizon 2020 qui figurent dans le budget 2011 de la Maison Blanche.
«Ajustée pour refléter les prévisions de l’équipe de recherche du FMI, la proposition du budget 2011 ferait passer la dette fédérale détenue par le public à 105 % du PIB en 2020», écrivent les experts du Fonds. L’administration table, elle, sur un ratio de dette/PIB de 77 % à cette date.
Le Fonds monétaire incite donc les Etats-Unis à redresser la barre, mais sans se faire d’illusion sur la dérive inéluctable des finances publiques. Il avait d’ailleurs fait un constat identique pour l’ensemble des économies développées fin 2009. «Stabiliser la dette à environ 70% du PIB sur la période 2015-2020 exigerait un ajustement du budget primaire d’environ 3,5% du PIB par rapport à la trajectoire de l’excédent primaire fixée par le budget 2011», peut-on lire dans la note. Un tel changement constituerait l’effort le plus important depuis la Deuxième Guerre mondiale et ne semble guère d’actualité tant que la reprise n’apparaîtra pas durable. Et «avec des dépenses discrétionnaires hors défense proches de leur plancher historique et des coupes difficiles à réaliser à court terme dans les dépenses obligatoires», le gros de l’ajustement proviendra des recettes fiscales.
En termes de coût de la dette, une telle dérive «pourrait ajouter 100 à 200 points de base aux rendements des emprunts d’Etat à long terme», estiment les experts. Une évaluation théorique, puisque l’émetteur souverain peut toujours maintenir les taux d’intérêt à un niveau bas comme il l’a déjà fait, notamment en monétisant la dette publique.
Ces perspectives sont d’autant plus sombres qu’elles ne prennent pas en compte l’épineux sujet des dépenses de santé. «Le vieillissement de la population et les dépenses de santé ne sont pas la principale raison de cette accumulation de dette», rappellent les auteurs de la note. Faute de solution évidente en matière de contrôle de ces dépenses, «une correction budgétaire à moyen terme est nécessaire avant que le vieillissement de la population rende cette question encore plus délicate à régler politiquement».
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