La dépendance des banques périphériques au financement BCE s’accroît encore
Chaque année, le mois de décembre est une période de liquidité particulièrement tendue pour les banques. Et l’exacerbation des craintes de généralisation de la crise souveraine à l’ensemble des pays périphériques l’a rendue encore plus difficile à vivre.
De fait, la dégradation des conditions de financement en Espagne en décembre s’est traduite par une dépendance accrue des banques espagnoles à la liquidité de l’Eurosystème. Le volume de leurs emprunts auprès de la BCE est passé de 61 milliards en novembre, à 67 milliards d’euros, en décembre, soit un net rebond de 9,6%. En juillet dernier, les établissements de crédit espagnols avaient sollicité un record de 130 milliards. Ils ont reçu en décembre 22,2 milliards de liquidités, via les opérations de refinancement principales (MRO) de l’institution monétaire et 47,6 milliards au travers de ses opérations à long terme (LTRO).
Dans le cas de l’Irlande, la dynamique s’est infléchie, avec un recul en décembre des emprunts des établissements prêteurs domestiques de 138,2 à 132 milliards d’euros. Un repli de 4,4%. Pour autant, cette donnée publiée par la Banque centrale irlandaise tient compte des chiffres des institutions financières locales, mais aussi internationales basées dans le pays périphérique. En réalité, la situation des banques s’y est dégradée. La rubrique «autres prêts», qui inclut les prêts de soutien à la liquidité exceptionnels accordés par l’autorité monétaire au profit des banques irlandaises, a progressé de presque 6 milliards d’euros, de 44,7 à 51,1 milliards. Une détérioration inquiétante de l'état de santé du système bancaire irlandais, étant donné qu’il aurait dû bénéficier de l’annonce du plan de sauvetage international de 85 milliards fin novembre. Les banques irlandaises sont pénalisées par une fuite accrue des dépôts des investisseurs étrangers et par une vague de dégradations de notations.
Quant au Portugal, le montant brut des emprunts effectués par les banques résidentes est passé d’un mois sur l’autre de 37,9 à 40,9 milliards. En net (hors dépôts auprès de la BCE), le montant s’est établi à 36,66 milliards, contre 32 milliards précédemment. Cette dynamique renforce l’idée que la BCE aura encore du temps devant elle avant d’enclencher la normalisation de sa politique monétaire, à défaut de pressions inflationnistes sérieuses.
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