La décollecte chez Pimco continue de peser sur les comptes d’Allianz
L’année 2014 aura décidément été un mauvais millésime pour la division de gestion d’actifs d’Allianz. Malgré les bonnes performances enregistrées par Allianz Global Investors, dont le profit opérationnel a dépassé les 400 millions d’euros l’an dernier pour la première fois depuis le lancement de la structure en 2012, son autre pôle Pimco a continué de peser lourdement sur les comptes de l’assureur en raison des fuites de capitaux.
Accentué par «d’importants frais de performance non récurrents [enregistrés] sur un fonds en 2013», le profit opérationnel de la division gestion d’actifs d’Allianz a ainsi chuté de 17,6%, à 2,6 milliards d’euros. L’effet négatif de la décollecte, qui a induit une baisse de 10,8% des revenus de la division, a mécaniquement provoqué une dégradation de 55,9% à 59,2% du coefficient d’exploitation.
Racheté en 2000, Pimco enregistre depuis 2013 des flux de décollecte conséquents qui ont accéléré après le départ en septembre dernier du fondateur de la structure Bill Gross, également gérant star du fonds Pimco Total Return. L’an dernier, Pimco a ainsi essuyé une décollecte de 236 milliards d’euros sur les actifs sous gestion en provenance d’investisseurs tiers. Ces derniers ont en revanche investi 10 milliards d’euros en net chez Allianz Global Investors.
«Après le pic de la décollecte enregistré à la fin du troisième trimestre, nous avons constaté une tendance claire à la diminution des sorties, qui ont cependant continué en 2015», a ainsi commenté Dieter Wemmer, le directeur financier d’Allianz. Malgré le rebond des performances de Pimco Total Return, la principale victime de la défiance des investisseurs, les sorties nettes sur le fonds obligataire ont atteint 11,6 milliards de dollars (10,4 milliards d’euros) en janvier, après 19,4 milliards en décembre.
Afin de juguler l’hémorragie, qui a été partiellement masquée dans la progression de 1,8% des encours sous gestion par des effets de change et de marchés favorables, Allianz avait réagi mi-novembre en annonçant un bonus complémentaire pour retenir ses talents. D’un montant global de 225 millions d’euros payable sur une durée de 12 à 30 mois, ce dernier a coûté à l’assureur allemand 24 millions d’euros au quatrième trimestre.
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