La déclaration du G20 devrait avoir un impact limité sur le marché du crédit
L’Agefi : les mesures du G20 – censées refonder le système financier – vont-elles entraîner une augmentation des émissions sur le marché européen des obligations d’entreprises ?
Patrick McCullagh : La déclaration du G20 annonce peu de mesures concrètes et devrait avoir un impact limité sur le marché du crédit. Elle peut cependant, à court terme, permettre une détente des spreads et la baisse de l’aversion au risque offre à quelques émetteurs moyennement notés une fenêtre de tir pour émettre du papier. Ainsi on peut attendre pour les prochaines semaines une augmentation du nombre d’émissions, mais sur des volumes unitaires moins importants que ceux observés au premier trimestre, émanant d’émetteurs plus importants. Cependant, le répit actuel pourrait être de courte durée, compte tenu des publications de résultats trimestriels qui s’annoncent délicates. Nous ne prévoyons pas une augmentation sensible des volumes d’émissions au deuxième trimestre, après un début d’année actif.
Dans ce contexte, quelle stratégie d’investissement allez-vous adopter ?
L’année 2009 devrait être marquée par une augmentation des risques de défauts, notamment dans certains secteurs comme l’automobile, le pic étant attendu au premier trimestre 2010. Nous maintenons une stratégie défensive et très sélective, concentrée sur des émetteurs robustes, n’ayant pas de besoins de liquidités trop pressants et avec des cash-flows relativement prévisibles. Nous privilégions des secteurs tels que les services publics, le tabac, les télécoms et les biens de consommation courante. A l’inverse, nous demeurons méfiants sur les financières et notamment sur la dette junior bancaire.
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