La décision de la BNS fait de nombreux perdants
Bain de sang sur les marchés. La décision de la Banque nationale suisse de laisser monter le franc laissera des traces dans les comptes des acteurs de la finance au premier trimestre, tels certains hedge funds qui était vendeurs de francs contre euro selon les positions spéculatives publiées par la CFTC. La monnaie unique a perdu hier jusqu’à 29% face au franc. «Il y a un effet d’emballement créé par des ordres automatiques d’achat et de vente, dès lors que les limites mises en place ont été cassées», indique Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC.
L’ampleur des mouvements a conduit certaines plates-formes de change à arrêter de coter une partie de la matinée. Cela aurait été le cas d’Autobahn, la plate-forme de Deutsche Bank, numéro deux mondial sur le forex. D’autres, comme Saxo Bank, ont décalé l’exécution des ordres de leurs clients. Dès hier après-midi, le courtier en ligne britannique IG, leader des contracts for difference (CFD) qui permettent de parier sur les écarts de change, a estimé que l’affaire pourrait lui coûter 30 millions de livres. Les positions de certains clients ont dû être clôturées à des conditions moins favorables pour IG que le courtier n’a pu le faire avec les couvertures correspondantes. Quant à la Bourse de Chicago, elle a annoncé un doublement des appels de marges pour les dérivés assis sur le franc suisse.
Le pic de volatilité devrait aussi se faire sentir sur les produits structurés ayant comme référence le franc. C’est le cas des produits dits «à barrière», tels que les emprunts toxiques souscrits par certaines collectivités locales françaises et dont le taux devient variable si la devise suisse passe un certain seuil.
Dans cette logique, les investisseurs s’interrogeaient hier sur l’impact du choix de la BNS pour la Pologne et la Hongrie. Dans ces deux pays, les emprunteurs se sont en partie endettés en franc. Mais Budapest a choisi en novembre 2014 de convertir en forint les prêts immobiliers libellés en devises étrangères, la banque centrale fournissant aux banques les devises nécessaires.
Selon les stratégistes change d’ING, «la Hongrie est désormais mieux positionnée que la Pologne sur cette question de l’exposition au franc», chiffrée à 1,8%. La dette des ménages polonais libellée en franc n’a en revanche guère varié depuis 2010, à près de 140 milliards de zlotys (32 milliards d’euros). De quoi mettre en risque les banques polonaises, qui ont plongé en Bourse hier.
{"title":"","image":"81846»,"legend":"D\u00e9crochage de l\u2019euro face au franc suisse puis stabilisation autour de 1,03 CHF. Illustration L\u2019Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les trésoriers d'entreprise doivent concilier nouvelles technologies et visibilité du cash
Dans son enquête 2026, l'association européenne des trésoriers d'entreprises (EACT) pointe l'importance croissante de la visibilité des flux de trésorerie, de financement, et du besoin en fonds de roulement qui coexistent avec une accélération des transformations technologiques. -
Entrepreneur Invest lance le sixième millésime de sa gamme Entrepreneurs & Croissance
Le gérant non coté structure un FPCI éligible au remploi de l'article 150-0 B ter du CGI qui investira dans des actions ou des obligations de petites et moyennes entreprises en France. L'objectif de rendement annualisé a été fixé à 8%. -
Euroclear et Franklin Templeton étendent leur coopération aux marchés privés
Euroclear poursuit ses collaborations pour renforcer sa plateforme de distribution de fonds Euroclear FundsPlace (ex-MFEX). L’infrastructure de marché, spécialisée dans les services post-marché, a étendu sa collaboration avec le gestionnaire d’actifs américain Franklin Templeton aux marchés privés. Les stratégies de Franklin Templeton en non coté, dette privée et immobilier seront ainsi distribuées via Euroclear FundsPlace. D’autres asset managers comme Ares ont noué un partenariat similaire avec Euroclear, qui compte quelque 3.000 distributeurs de fonds sur sa plateforme et environ 250.000 fonds référencés. Parmi ces fonds, plus 20.000 sont des fonds alternatifs distribués par plus de 500 gérants. -
Fonds européen de défense : transformer une complexité en avantage industriel
Faire de cet outil européen, puissant mais exigeant, un avantage industriel réellement accessible aux entreprises, et notamment aux PME, impose d'en maîtriser la logique, estiment Solenne Desprez-Braun et Serge Monturet, du cabinet F.Initiatives. -
Un co-directeur des investissements de Millennium Management part à la retraite
Paul Russo, co-directeur des investissements du hedge fund Millennium Management, va prendre sa retraite à la fin de l’année, selon les informations de Bloomberg, citant des sources anonymes. -
CMA CGM s’offre une filiale de FedEx pour 1,4 milliard de dollars
Le géant du transport maritime se renforce encore dans la logistique en reprenant FedEx Supply Chain. De quoi tripler de taille dans le domaine aux Etats-Unis.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- La cotation de SpaceX bouscule la gestion passive
Contenu de nos partenaires
-
Petite mortCastex, Barnier, Braun-Pivet, ... que c'est dur de renoncer à être candidat !
Mercredi, le président-directeur général de la SNCF, Jean Castex a affirmé qu'il n'était pas candidat, enfin pour le moment. Ils sont plusieurs comme lui à ne pas vouloir fermer la porte -
Coût du travail, multinationales, industrie… Les délocalisations ne ralentissent pas, alerte l’Insee
Entre 2021 et 2023, en France, entre 7 500 et 13 000 postes ont été directement supprimés à la suite de délocalisations, annonce l’Insee -
Italie : la droite veut assouplir les règles sur la chasse
Le gouvernement de Giorgia Meloni, qui souhaite ainsi cajoler un électorat rural et vieillissant, pousse une réforme controversée de la chasse, sous la surveillance de Bruxelles