La croissance mondiale se nourrit de toujours plus d’endettement
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Philippe Mudry
Une fois de plus, les décideurs économiques et financiers réunis à Washington cette semaine par le FMI et la Banque mondiale, le constatent : la croissance mondiale patine, surtout dans les pays développés.
Or une raison à cela, décevante 8 ans après la crise financière, est que la dette globale a repris sa rapide expansion.
Les experts du FMI voient la croissance mondiale plafonner à 3,1% en 2016 et 3,7% en 2017, donnant consistance aux tenants de la thèse de la « stagnation séculaire ».
Or la dette globale, à 152.000 milliards de dollars, représente plus de deux fois le PIB mondial. En 15 ans, elle est passée de 200% du PIB à 225%.
Après la crise financière, elle avait baissé fortement jusqu’en 2011. Mais après, elle a repris sa course et depuis 2013 flambe à nouveau.
Les causes sont nombreuses : encouragées par les taux bas, les entreprises empruntent à tour de bras.
La dette privée compte pour environ les deux tiers de la dette mondiale.
Mais les Etats, dont aucun hormis l’Allemagne n’a donné la priorité au désendettement, ne sont pas en reste.
Surtout pas la Chine, dont le plan de relance de 2008 explique une bonne part de l’envolée de la dette récente.
Les seuls pays vertueux sont les plus pauvres, ceux qui ne peuvent pas vraiment s’endetter.
Avec un tel stock, et une inflation si basse qui renchérit les remboursements, c’est un boulet que l’économie mondiale porte au pied.
Un désendettement résolu, notamment de la sphère privée, semble dès lors s’imposer.
Mais outre qu’il prendrait du temps pour être perceptible, un tel mouvement n’est guère dans l’air du temps.
Au contraire, les tenants d’un soutien à l’activité fût-ce au détriment des équilibres budgétaires gagnent plutôt du terrain.
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