La croissance mondiale ne pourra pas s’en remettre au pétrole et aux Etats-Unis
Conviée hier à une conférence organisée par le Council on Foreign Relations, la directrice générale du FMI a posé une question qu’elle a jugée «évidente». «Les prix plus bas du pétrole et une reprise plus forte aux Etats-Unis devraient-ils renforcer notre confiance sur les perspectives de l'économie mondiale ?» Et Christine Lagarde de répondre : «la réponse est très certainement «non», car il y a encore des facteurs très puissants qui penchent du mauvais côté».
L’ancienne ministre des Finances a poursuivi en soulignant que de «trop nombreux pays sont encore handicapés par l’héritage de la crise financière, incluant un endettement et un taux de chômage élevés». Même si, au-delà du cas des Etats-Unis, certains redressent la tête, comme le Royaume-Uni, la croissance reste «très faible» en zone euro et au Japon, tandis que l'économie chinoise décélère. Au bout du compte, Christine Lagarde considère la croissance mondiale «encore beaucoup trop basse, trop fragile et trop asymétrique».
Parmi les principaux risques qui menacent la reprise au niveau mondial, la responsable du FMI pointe une éventuelle perturbation des marchés émergents et de la stabilité financière dans le sillage d’un resserrement monétaire aux Etats-Unis. Christine Lagarde évoque également le danger que l’Europe et le Japon s’embourbent dans une croissance et une inflation faibles.
Un pessimisme relatif également partagé par la Banque mondiale qui a réduit cette semaine ses prévisions de croissance de l'économie mondiale pour 2015. Dans son dernier rapport semestriel, l’organisme dit tabler sur une croissance de 3% cette année, contre 3,4% en juin dernier. «L'économie mondiale est propulsée par un seul réacteur, le réacteur américain. Cela ne suffit pas pour dessiner pour le monde un avenir radieux», avait alors commenté l'économiste en chef de la Banque mondiale, Kaushik Basu. De son côté, Le FMI présentera mardi ses prévisions actualisées sur la croissance mondiale.
Dans ce contexte, Christine Lagarde estime essentiel que la politique monétaire reste souple. Dans le même temps, elle enjoint les pays qui ont besoin d’adopter des politiques budgétaires plus favorables à la croissance d’investir davantage dans les infrastructures et de mener des réformes structurelles.
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