La croissance japonaise fait rejaillir la confiance des investisseurs
Voilà de quoi regonfler la confiance dans la stratégie du gouvernement japonais de Shinzo Abe. Le PIB japonais a finalement enregistré une croissance de 4,1% en rythme annuel au premier trimestre, alors que l’estimation préliminaire était de 3,5%. Une révision qui s’explique par une contraction moins forte que prévu des investissements des entreprises, de 0,3% par rapport au trimestre précédent, contre -0,7% annoncé en première estimation, ainsi que par un renforcement plus important que prévu des stocks des entreprises. Par ailleurs, la solide augmentation des commandes extérieures du pays a été confirmée à 3,8% sur le trimestre.
Parallèlement, l’excédent de la balance des comptes courants s’est renforcé à 750 milliards de yens au mois d’avril, soit plus du double des prévisions du consensus. «L’affaiblissement du yen en avril a dopé la valeur des entrées de capitaux au Japon, mais il y a peu de changement dans la tendance de la balance commerciale. Les exportations se redressent progressivement, mais la croissance n’est pas assez importante pour compenser l’augmentation du coût des importations», estime Junko Nishioka, chef économiste chez RBS Securities. Le déficit de la balance commerciale a atteint 818,8 milliards de yens en avril.
Suite à la publication de ces chiffres, l’indice Nikkei s’envolait de plus de 3% à la mi-séance. Il reste en retrait de 15% par rapport à son plus haut atteint le 22 mai mais en hausse de 28% depuis le début de l’année. Le taux à 10 ans reculait légèrement à 0,84%, à bonne distance du plus haut de 1% atteint le 23 mai, mais loin du plus bas de 0,315% atteint le 5 avril. Le yen repartait sensiblement à la baisse ce matin pour atteindre 98,24 contre dollar, après être tombé à 96,97 vendredi. Il reste plus élevé de 5% que son point bas du 22 mai, mais en baisse de 13% depuis le début de l’année.
La réunion de deux jours du comité de politique monétaire de la BoJ qui débutait cette nuit est d’autant plus attendue que le gouvernement a les mains liées par des élections de la Chambre haute qui se tiendront le 21 juillet ainsi que par la réunion du G8 qui se tient la semaine prochaine et durant laquelle Shinzo Abe devra défendre la «troisième flèche» de son programme de relance auprès de ses partenaires qui craignent un affaiblissement trop fort du yen.
Dans ce contexte, si une rallonge sur le programme de rachat d’actifs, qui vise déjà un doublement de la base monétaire en deux ans, ne semble pas envisagée, «la possibilité de mesures supplémentaires, sur le mode du programme LTRO de la BCE par exemple, est de plus en plus évoquée sur les marchés de taux et obligataires japonais», indique Citigroup.
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