La croissance en zone euro devrait être quasi-nulle au quatrième trimestre

Les économistes attendent de nouvelles annonces de la BCE et espèrent que les Européens vont lancer un plan d’investissement significatif.
Solenn Poullennec

La zone euro peine à retrouver la croissance. Le PIB ne devrait augmenter que de 0,1 à 0,2% au quatrième trimestre, selon les indices PMI, publiés par Markit qui sont regardés comme de bons indicateurs avancés de l’activité.

La première estimation de l’indice PMI composite témoigne d’une légère expansion de l’activité en novembre (à 51,4) mais à un rythme moins soutenu que le mois précédent (52,1). D’après les directeurs d’achats interrogés par Markit, le ralentissement est palpable dans le secteur des services (à 51,3 contre 52,3). L’augmentation de l’activité dans le secteur manufacturier a en revanche accéléré légèrement à 51,8 (contre 51,5). «Une baisse, bien que très marginale, des nouvelles commandes pour la première fois depuis près d’un an et demi, suggère que la croissance devrait ralentir davantage en décembre», a déclaré le chef économiste de Markit, Chris Williamson. Un avis partagé par la recherche économique de Citi qui souligne que les indices de la zone euro sont inférieurs au consensus.

«Les données publiées aujourd’hui font pencher la balance en faveur de l’annonce de nouvelles mesures d’assouplissement par la BCE dès la réunion de décembre», selon Marco Valli, économiste chez UniCredit. «Un seul assouplissement de la BCE ne peut pas tirer l’Europe d’une situation de quasi-récession et de déflation», nuance la recherche de RBS. «Les gouvernements européens ont aussi besoin d’un plan d’investissement pour soutenir la croissance qui bat de l’aile et de davantage de réformes structurelles pour relever le potentiel de croissance à long terme».

Aux yeux de Markit, la situation économique française reste «un point d’inquiétude majeur». L’indice PMI de l’activité française suggère une nouvelle contraction de l’activité dans l’Hexagone (à 48,4 contre 48,2). D’aucuns font souvent valoir que les indices ont tendance à être plus pessimistes pour la France que ne le justifie l’évolution réelle du PIB. L’Insee a affirmé que le PIB français avait augmenté de 0,3% au troisième trimestre (Markit avait anticipé une stagnation) mais le PIB du deuxième trimestre a été revu à la baisse (à -0,1% contre une première estimation de 0%).

L’économie allemande a aussi de quoi inquiéter, selon Markit. L’activité continue de progresser mais un rythme qui n’avait jamais été aussi faible depuis l’été 2013 (à 52,1 contre 53,9). En revanche les pays dits «périphériques» devraient tirer leur épingle du jeu en termes de croissance.

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