La croissance économique doit devenir le moteur de la Bourse japonaise
Si les «Abenomics» ont réussi quelque chose, c’est bien la dépréciation du yen. Celle-ci s’est faite en deux phases. Une première fin 2012-début 2013 conduisant le yen de 80 à 100 pour un dollar. Puis une seconde débutant à l’automne 2014 l’amenant à 120 contre un dollar. Ainsi, en parité de pouvoir d’achat, la devise nipponne est passée d’une nette surévaluation à une nette sous-évaluation.
Cet avantage compétitif s’est traduit dans un premier temps par une hausse des marges et des profits des entreprises japonaises, sans impact sur les exportations en volume, et donc sur la croissance, car les prix à l’exportation sont restés inchangés. Mais après la deuxième phase de dépréciation de la devise, les entreprises nippones pourraient bien être plus agressives et couper leurs prix à l’exportation pour gagner des parts de marché. Ainsi, à l’effet positif sur la croissance induit par les hausses de marges et de salaires qu’elles ont permises, pourrait s’ajouter un effet positif provenant d’une contribution positive du commerce extérieur à la croissance.
Si la hausse des marchés d’actions japonaises a été principalement alimentée par la baisse de la devise, la croissance économique pourrait aussi venir prendre le relais. Après une seconde moitié d’année 2014 pénalisée par les effets de la hausse de la TVA, la croissance japonaise devrait redémarrer sous l’effet conjoint des hausses de profits et de salaires, et devenir le moteur de la progression des marchés d’actions en 2015. Gageons que la baisse de l’impôt sur les sociétés au programme de Shinzo Abe sera un élément de soutien supplémentaire. Ainsi, les Abenomics parviendront-ils peut-être enfin à reflater durablement l’économie japonaise.
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