La croissance de l'économie française a été nulle en 2012
La croissance économique de la France a été nulle en moyenne en 2012, contrastant avec une année 2011 marquée par une hausse du PIB de 1,7%. Selon les premières estimations de l’Insee, publiées ce jeudi, seul le troisième trimestre de l’an passé a connu une hausse de l’activité (+0,1%). Le quatrième a enregistré une baisse plus prononcée que prévu (-0,3% au lieu de -0,2% attendu par les économistes) en raison de l’important recul de l’investissement. Et les premier et deuxième trimestres se sont finalement révélés légèrement négatifs, l’Insee ayant révisé le chiffre du PIB à -0,1% contre 0% initialement dans les deux cas.
Difficile pour le ministre de l’économie, Pierre Moscovici, d’ignorer ces piètres performances : « la situation n’est pas bonne, ce sont des chiffres préoccupants », a-t-il admis lors d’une interview sur France 2, en soulignant qu’elle ne l'était pas davantage dans l’ensemble de l’Union européenne. La récession dans la zone euro s’est amplifiée avec un recul de 0,6% du PIB au quatrième trimestre par rapport au troisième, selon les données provisoires publiées ce jeudi par Eurostat, après une précédente baisse de 0,1% de juillet à septembre.
Pour 2013, l’objectif de Paris d’une croissance du PIB de 0,8% devra être « repensé », a admis Pierre Moscovici pour qui une réflexion au niveau européen sur l’équilibre déficit-croissance paraît nécessaire. « La question qui est posée, c’est celle du rythme » de l’ajustement budgétaire, a-t-il dit dans la foulée du premier ministre, Jean-Marc Ayrault qui, mercredi, a reconnu que l’objectif de réduction du déficit à 3% du PIB fin 2013 ne serait pas atteint en raison d’une croissance trop faible. Une majorité des économistes anticipent en effet un recul de -0,1% du PIB au premier trimestre de cette année, une prévision qui, si elle se confirmait, serait synonyme de récession pour l'économie française.
« On ne voit pas beaucoup de signes qui montrent que cela peut s’améliorer en 2013. Les chiffres du quatrième trimestre pourraient marquer un point haut », estime Michel Martinez, économiste à la Société générale. Sur les trois derniers mois de 2012, la contribution de la demande intérieure finale à la croissance a été nulle. La variation des stocks y a contribué négativement à hauteur de -0,4 point et le commerce extérieur positivement à hauteur de +0,1 point, les importations ayant plus reculé que les exportations. Les dépenses de consommation des ménages ont progressé pour leur part de 0,2%, ce qui laisse penser que, comme au trimestre précédent, ils ont puisé dans leur taux d'épargne pour maintenir leur niveau de vie. Le point noir du dernier trimestre est l’investissement, qui s’est replié de 1% globalement, de 1,2% s’agissant des seules entreprises non financières et de 0,8% pour les ménages.
« Pour les ménages, cela reflète la fin de l’embellie immobilière. Pour les entreprises, c’est le signe que les incertitudes fiscales, réglementaires et conjoncturelles pèsent» , dit Michel Martinez. « Elles subissent aussi la hausse des prélèvements et n’ont pas le même matelas que les ménages pour y faire face. Cette dynamique peut vraiment peser assez significativement sur la croissance de 2013 si elle ne s’inverse pas», ajoute-t-il. L’assureur crédit Coface a annoncé prévoir une nouvelle augmentation des défaillances d’entreprises en 2013 après une hausse de 1,1% en 2012. L’impact social des défaillances a nettement augmenté l’an dernier, avec une hausse de 8,5% des emplois détruits, à 200.911, soit tout près du pic observé en 2009 (218.858).
Quant aux destructions d’emploi dans l'économie marchande au quatrième trimestre, elles se sont élevées à 28.100, selon l’Insee, soit une baisse de 0,2% de l’emploi salarié. Sur l’ensemble de 2012, 66.800 emplois ont été détruits, dont 31.700 dans l’industrie, 9.400 dans la construction et 25.700 dans le tertiaire. Des chiffres qui rendent délicate la concrétisation de la promesse de François Hollande d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin 2013.
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