La crise politique met les emprunts d’Etat belges sous pression
Malgré l’illiquidité des marchés liée à la fin d’année, le phénomène de hiérarchisation que subit le marché européen de la dette souveraine depuis mi-2007 continue de battre son plein et ce, au détriment des pays exposés aux risques économique, politique et social. En témoigne le cas de la Belgique. Hier, le spread entre les taux des titres d’Etat belges à 10 ans et ceux de leurs homologues allemands qui font office de référence en zone euro s’établissait à 84 points de base (pb), soit un creusement de 24 pb depuis la mi-novembre. Les taux belges et d’outre-Rhin se traitaient hier, dans l’ordre, à 3,76% et 2,92%, contre 5% et 4,66% fin juillet. La défiance accrue de la part des investisseurs vis-à-vis des obligations belges est liée à l’incertitude autour de la situation politique du pays.
De fait, quelques jours après la démission du gouvernement dirigé par Yves Leterme, accusé d’avoir fait pression sur la justice pour imposer un plan de sauvetage de la banque Fortis, le roi Albert II a demandé dimanche au chrétien-démocrate flamand Herman Van Rompuy de mettre sur pied un nouveau cabinet. Même si ce dernier, ministre du Budget de 1993 à 1999, avait réussi à l'époque à fortement réduire la dette du pays, sa nomination intervient au pire moment. Il aura la lourde tâche de gérer l’affaire Fortis, mais aussi de défendre un plan de relance de l'économie alors que le royaume doit mettre en place un certain nombre de réformes. En mai dernier, S&P pointait du doigt la flexibilité budgétaire limitée de la Belgique, due à une dette élevée pour un pays noté «AA+» (elle représentait 85% du PIB à la fin 2007), à un faible taux d’embauche et au vieillissement de la population.
Toutefois, la Belgique n’en est pas au même stade que l’Irlande, l’Italie, ou la Grèce, pays ayant chacun lancé un plan de relance national et jugés les plus fragiles face à la récession. L’économie hellénique plongée dans une crise sociale et politique plus profonde qu’en Belgique continue d’inspirer la défiance des marchés, comme l’indique le spread actuel vertigineux de 227 pb entre les titres à 10 ans grecs et allemands. Ce écart n'était «que» de 131 pb début novembre. Les obligations irlandaises et italiennes à 10 ans présentent des écarts de taux avec le Bund autour de 140 et 130 pb, contre 89 et 77 pb début novembre.
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