La crise grecque rappelle la fragilité du financement en dollar des banques
Les craintes d’un défaut ou d’une restructuration de la dette grecque, et l’incertitude autour des tests de résistance des banques en zone euro, assorties à une volatilité accrue des marchés, ont nourri une certaine réticence des établissements de crédit, sur le marché interbancaire, à se prêter des liquidités, notamment en dollar. En témoigne le net élargissement, ces dix derniers jours, du spread FRA-OIS, le différentiel entre le Libor et le taux au jour le jour (OIS) en dollar anticipé sur le marché des forwards.
Vendredi, le différentiel, calculé sur les contrats d’échéance décembre, se traitait à 33 pb, contre un plancher de 17 pb le 10 mai. Toutefois, la tension sur l‘interbancaire demeure contenue comparée aux précédentes périodes de crise de la dette européenne. En mai et en novembre 2010, ce même spread FRA-OIS avait touché les 72 et 41 pb. Autre signal rassurant, la facilité d’offre de fonds en dollar à 7 jours de la BCE, qui sert encore un taux (1,10%) moins intéressant que celui du marché, n’a pas été utilisée depuis le 23 février.
Toutefois, certains observateurs craignent désormais le scénario d’un retrait précipité des fonds monétaires du marché, au détriment des signatures bancaires de la zone euro exposées à la Grèce, au premier plan les banques françaises menacées d’une dégradation par Moody’s. «Bien que peu probable, tout mouvement massif de désinvestissement des détentions de papier bancaire européen de la part des fonds monétaires pourrait répandre du risque systémique, comme à la fin 2008», note Bank of America/Merrill Lynch.
Depuis septembre 2010, selon les données de SG CIB, les retraits nets subi par les fonds monétaires en zone euro ont atteint 9,9 milliards d’euros. Ils s’élèvent à 29,2 milliards d’euros pour leurs homologues d’outre-Atlantique. L’encours des fonds monétaires aux Etats-Unis est évalué aux alentours de 2.600 milliards de dollars. Selon la société de données américaine Crane Data, 70% de cette industrie est entre les mains de fonds monétaires à valeur liquidative constante, très éprouvés par la faillite de Lehman en 2008. Différentes sources indiquent que ceux-ci seraient exposés à la France à hauteur de 15% de leurs actifs. D’après Bank of America, les expositions non sécurisés des fonds monétaires aux banques européennes représentent 40% de leurs actifs.
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