La crise freine le marché de la dette islamique
Comme en 2008, les obligations islamiques adossées à des actifs réels ont ressenti les turbulences causées par la crise économique et financière mondiale. Sur les sept premiers mois de l’année, selon S&P, les placements de sukuks ont atteint 9,3 milliards de dollars, contre 11,1 milliards sur la même période un an plus tôt.
Alors que la Malaisie a effectué 45 % de ces placements, contre 22 % pour l’Arabie saoudite, ce tassement de 16,2 % de l’activité primaire a été nourri par la détérioration des conditions de marché et l’assèchement de la liquidité dû à un environnement économique moins favorable aux pays membres du Conseil de Coopération du Golfe, notamment dans les Emirats arabes unis.
Les ondes de choc de la crise ont surtout fragilisé certains émetteurs, à un point tel que le marché des sukuks a enregistré, pour la première fois de son histoire, des cas de défaut. Les sociétés Investment Dar Company ou Saad ont fait défaut sur leur dette islamique. Celle de 3,5 milliards de dollars émise par Nakheel et expirant fin 2009 soulève actuellement les craintes du marché.
Alors que l’absence de liquidité et de standards d’interprétation de la charia explique aussi le tassement des émissions, ce marché, qui dépasse les 85 milliards de dollars, demeure sain et conserve du potentiel, suscitant encore l’intérêt d'émetteurs musulmans comme non musulmans. D’ailleurs, les « saudi sukuks » ont été créées cette année. S&P note aussi les efforts de l’AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions) et de la banque centrale de Malaisie visant à apporter plus d’uniformité en matière de conformité à la charia.
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