La crise européenne menace la reprise de l’économie japonaise
Dans son rapport mensuel publié ce matin, le gouvernement nippon s’inquiète également des fluctuations de change et de la situation en Thaïlande
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Patrick Aussannaire
Porté par un rebond de la croissance de 1,5% au troisième trimestre, soit 6% en rythme annualisé, après avoir connu une série noire de trois trimestres consécutifs de contraction, le gouvernement japonais s’attend à une reprise en douceur. «L’économie japonaise se reprend lentement, même si les difficultés liées au tremblement de terre continuent de se ressentir» a indiqué le gouvernement dans son rapport mensuel publié ce matin. Mais la Thaïlande et l’Europe restent les deux zones d’ombre qui planent sur cette embellie retrouvée. Le gouvernement reste inquiet concernant les risques d’une «accélération du ralentissement des économies moins résistantes, des fluctuations erratiques des taux de change et du prix des actions dus à la crise en zone euro et aux inondations en Thaïlande».
«Nous entrevoyons des signes positifs en Thaïlande après les inondations, mais il est difficile d’être trop optimiste. Nous devrons suivre les données afin de mesurer en détail leur impact sur l’économie japonaise» a indiqué le ministre des finances, Motohisa Furukawa. Le gouverneur de la BoJ, Masaaki Shirakawa, avait indiqué que les «développements des problèmes de dette souveraine que connait l’Europe représentent le plus grand risque actuellement» pour les pays dépendants du commerce extérieur.
En d’octobre, les exportations vers la zone euro ont chuté de 2,9%, celles vers l’Asie de 6,6% et celle vers la Chine de 7,7%. Et la hausse du yen pèse également sur le commerce extérieur nippon. En septembre, le taux réel effectif de change s’est apprécié de 2,2% par rapport au mois précédent et de près de 9% par rapport au mois d’avril dernier, selon les calculs de BNP Paribas. Et l’envolée du yen se poursuivait ce matin sur les marchés contre 14 des 16 devises observées. Le yen prenait 0,4% contre dollar à 77,03 et 0,2% contre euro à 102,98. BNP Paribas prévoit un déficit commercial de 4.600 milliards de yens en 2012, soit 0,9% du PIB.
Ce matin, la chambre basse du parlement a voté une augmentation de l’impôt sur le revenu (de 2,1%) qui devrait rapporter 7.500 milliards de yens sur 25 ans, et de l’impôt sur les sociétés censée rapporter 2.400 milliards sur 3 ans, afin de financer la rallonge budgétaire de 12.100 milliards votée la semaine dernière. Afin de limiter l’impact sur la dette, le gouvernement entend accélérer la cesion de ses parts dans Japan Tobacco et dans le réseau postal du pays.
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